Annales de Toxicologie Analytique, vol. XIII, n° 1, 2001

 

Mécanismes de la redistribution post-mortem des xénobiotiques :
le point sur l'état actuel des connaissances
Mechanisms underlying postmortem redistribution of drugs :about current knowledges

Anne-Laure PELISSIER-ALICOT*(1), Jean-Michel GAULIER(2), Pierre CHAMPSAUR(3), Pierre MARQUET(2)
*Auteur à qui adresser la correspondance : Anne-Laure PELISSIER-ALICOT, Service de Médecine Légale, Faculté de Médecine, 27 boulevard Jean Moulin, 13385 MARSEILLE Cedex 5 - Tel : 04 91 32 45 16 - Fax : 04 91 32 45 12 - e-mail : apelissier@netcourrier.com

(1) Service de Médecine Légale, Faculté de Médecine, 13385 MARSEILLE Cedex 5
(2) Service de Pharmacologie et Toxicologie, Hôpital Universitaire Dupuytren, 87042 LIMOGES
(3) Laboratoire d'Anatomie, Faculté de Médecine, 13385 MARSEILLE Cedex 5

RÉSUMÉ
Les concentrations des molécules obtenues à partir d'échantillons post-mortem ne sont pas forcément le reflet des concentrations au moment du décès. Ces concentrations post-mortem peuvent varier soit en fonction des différents sites de prélèvement, soit en fonction du délai entre le décès et la réalisation des prélèvements. Ces phénomènes ont été regroupés sous le terme de redistribution post-mortem. Les mécanismes présidant à ces phénomènes de redistribution sont complexes et multifactoriels. Ils dépendent en premier lieu de l'évolution des phénomènes cadavériques. En période post-mortem précoce, certains organes, qualifiés " d'organes réservoirs " peuvent relarguer les xénobiotiques concentrés avant le décès. Il s'agit essentiellement du tractus gastro-intestinal, du foie, des poumons ou du myocarde. La lyse cellulaire et plus tardivement la putréfaction favorisent également les phénomènes de redistribution. Le profil physico-chimique et pharmacocinétique des xénobiotiques semble être également un facteur déterminant, mais ces aspects sont moins bien connus. La seule certitude actuelle repose sur le fait que les molécules lipophiles à large volume de distribution subissent d'importants phénomènes de redistribution. L'étude de la littérature montre cependant que cette explication est largement insuffisante pour de nombreuses molécules. D'autre part, l'éventualité de la poursuite du métabolisme de certaines molécules en période post-mortem immédiate doit être envisagée. D'un point de vue pratique, il est impératif de pouvoir disposer de prélèvements autopsiques multiples afin de limiter les difficultés d'interprétation et d'approcher les mécanismes présidant à ces phénomènes de redistribution. Enfin, nous pensons qu'il est nécessaire de quantifier les variations observées, vraisemblablement sous forme de pourcentage, afin d'harmoniser l'interprétation de ces phénomènes.

MOTS-CLES
Redistribution post-mortem, organes réservoirs, lyse cellulaire, putréfaction, aspects pharmacocinétiques.

SUMMARY
Postmortem concentrations of drugs do not necessarily reflect their concentrations at the time of death. During the postmortem period drug levels may vary according to the sampling site and the interval between death and the time of sample. These site- and time-dependent variations are called " postmortem redistribution ". The underlying mechanisms are complicated depending on postmortem changes as well as on pharmacokinetic parameters. Passive drug release from drug reservoirs (e.g. gastro-intestinal tract, liver, lungs, myocardium) may occur immediately after death. Later, autolysis and putrefactive processes participate in the redistribution. Concerning pharmacokinetics, there is some evidence that basic lipophilic drugs with a large volume of distribution show important postmortem redistribution. Nevertheless, it can not explain the postmortem redistribution of non-basic and non-lipophilic drugs. Moreover, the persistance of a drug metabolism immediately after death has to be considered. The examination of samples originating from different sites is of a great importance in order to avoid misinterpretations and to unserstand the underlying mechanisms of postmortem redistribution. Furthermore, the quantification of these site- and/or time-differences expression the form of ratios can be a way to harmonize the interpretation of the results.

KEY-WORDS
Postmortem redistribution, drug reservoirs, autolysis, putrefactive process, pharmacokinetics.

Le " pot belge " : compositions, contextes et finalités d'usage
The " pot belge " : compositions, contexts and aims of use

Patrick MURA* (1), Pierre MARQUET(2), Claude GOUBAULT(3), Yves PAPET(1), Gérard LACHÂTRE(2)

(1) Laboratoire de Biochimie et Toxicologie, CHU, BP 577, 86021 POITIERS Cedex
(2) Service de Pharmacologie et Toxicologie, CHU Dupuytren, 2 avenue Martin Luther-King, 87042 LIMOGES
(3) Service d'Explorations fonctionnelles, Physiologie respiratoire et de l'Exercice, CHU, BP 577, 86021 POITIERS Cedex
* Auteur à qui adresser la correspondance : Patrick MURA, Laboratoire de Biochimie et Toxicologie, Centre Hospitalier Universitaire, BP 577, 86021 POITIERS Cedex - Tél : 05 49 44 39 23 - Fax : 05 49 44 38 34

RESUME
Cet article rapporte le bilan de deux années d'analyses de produits de saisies consécutives à la découverte du " pot belge ", un produit dopant largement utilisé dans le monde sportif, et en particulier dans le milieu du cyclisme. Cette pratique, qui existe depuis le début des années 1980, consiste à s'injecter en intramusculaire 0,5 ml de " pot belge ", avant, puis pendant la compétition Les analyses ont été réalisées par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, par chromatographie liquide haute performance avec détection à barrette de diodes et par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Cinq types différents de " pot belge " ont ainsi pu être identifiés. La caractéristique commune consistait en une très forte concentration d'amphétamine (14 à 52 mg/ml). Selon les échantillons, elle était associée à tout ou partie des substances suivantes : héroïne (12,5 µg/ml), cocaïne (2,3 à 9 µg/ml), éthanol, acide acétylsalicylique, carbasalate calcique, phénacétine, éthenzamide, butanamides et caféine. Les auteurs rapportent les circonstances dans lesquelles les sportifs peuvent être amenés à utiliser ce moyen de dopage, ainsi que les risques engendrés par une telle pratique compte tenu des concentrations observées pour chacun de ces produits.

ABSTRACT
This paper reports the results of two-year analyses of seized samples of the " pot belge ", a doping preparation largely used by sportsmen, particularly practicing cyclism. This abuse, which exists since the early '80s, consists in self, intra-muscular injections of approximately 0.5 ml of " pot belge ", before then during each competition. Analyses were performed by gas chromatography-mass spectrometry, liquid chromatography-photodiode array detection and liquid chromatography-mass spectrometry. Five different sorts of " pot belge " could thus be individualised. Their common characteristic was a high concentration of amphetamine (14 to 52 mg/ml). Depending on the samples, amphetamine was associated with one or more of the following compounds: heroin (12.5 µg/ml), cocaine (2.3 to 9 µg/ml), ethanol, acetylsalicylic acid, carbasalate calcium, phenacetine, ethenzamide, butanamides and caffeine. The authors report the circumstances under which sportsmen can be driven to use this doping preparation, as well as the risks generated by such a practice, taking into account the concentrations found for each of the compounds identified.

 

Identification de la prednisone et de la méthylprednisolone dans les cheveux par HPLC-ES-MS
Identification of prednisone and methylprednisolone in human hair by HPLC-ES-MS

V. Cirimele (1), P. Kintz (1), J.P. Goullé (2), B. Ludes (1)

(1) Institut de Médecine Légale
11, rue Humann, F-67085 Strasbourg (France)
(2) Laboratoire de Biochimie BP 24
F-76083 Le Havre (France)

Résumé
Cet article décrit une méthode de dosage de la prednisone et de la méthylprednisolone par chromatographie liquide haute performance couplée à la spectrométrie de masse par une interface de type electrospray. Les cheveux ont été prélevés chez 11 patients sous corticothérapie après avoir obtenu leur consentement oral. Dans la majorité des cas, ce traitement faisait suite à une greffe. Les cheveux ont été préalablement lavés par deux bains successifs de dichlorométhane et réduits en poudre dans un broyeur à boulet. La solubilisation des composés a été réalisée par incubation de 100 mg de poudre de cheveux dans du tampon Soerensen (16h à 40°C) en présence de 50 ng de cortisol-d3 utilisé en temps qu'étalon interne. La purification a été réalisée sur cartouches Isolute C18 suivie d'une extraction liquide-liquide par de l'éther à pH alcalin. La phase organique finale a été évaporée puis l'extrait sec repris dans 30 µl de méthanol. La séparation chromatographique des composés a été réalisée sur une colonne Novapack C18 à l'aide d'un gradient d'acétonitrile de 20 à 60% en 4 min. Le détecteur utilisé était un spectromètre de masse Perkin Elmer Sciex API 100. La réponse du détecteur était linéaire pour des concentrations de prednisone et de méthylprednisolone variant de 0,02 à 2 ng/mg. Le rendement d'extraction pour des cheveux surchargés en corticostéroïdes à la concentration finale de 250 pg/mg était de 70% pour la prednisone et 75% pour la méthylprednisolone. A cette même concentration, la répétabilité intra-jour était de 8% pour la prednisone et 12% pour la méthylprednisolone. Les limites de détection, déterminées pour un rapport signal/bruit de fond équivalent à 2, étaient de 15 pg/mg pour la prednisone et 10 pg/mg pour la méthylprednisolone. Lors de cette étude, la prednisone a pu être identifiée dans les cheveux de 9 patients sur 10 traités par Cortancyl® (30 à 130 pg/mg, moyenne 65 pg/mg). La méthylprednisolone a pu être dosée (15 pg/mg) dans les cheveux de l'unique patient traité par Médrol®.

Mots-clés
Corticostéroïdes, cheveux, HPLC/MS, suivi, dopage

Summary
This paper describes a screening procedure based upon high-performance liquid chromatography / electrospray / mass spectrometry for the identification and quantification of prednisone and methylprednisolone in human hair. Hair specimens were obtained from 11 patients under corticosteroids treatment after verbal consent. Hair strands were washed in methylene chloride, pulverized in a ball mill and 100 mg of the powdered hair were incubated in 1 ml Soerensen buffer, pH 7.6 for 16 h at 40 °C, in presence of 50 ng cortisol-d3 used as internal standard. Purification of the incubation medium was achieved on SPE C18 Isolute extraction columns followed by an alkaline liquid-liquid extraction with diethylether. The eluate was evaporated to dryness and resuspended in 30 ?l of methanol. The chromatography was operated on a Novapak C18 column using a linear gradient of acetonitrile from 20 to 60% in 4 min. The detector was a Perkin Elmer Sciex API 100 mass spectrometer. The detector response was linear for prednisone and methylprednisolone concentrations ranging from 0.02 to 2 ng/mg. Extraction recovery at 250 pg/mg were 70% for prednisone and 75% for methylprednisolone. Repeatability (CV values) at 250 pg/mg were 8 and 12% for prednisone and methylprednisolone, respectively. The limits of detection, calculated for a signal to noise ratio of 2, were 15 and 10 pg/mg for prednisone and methylprednisolone, respectively. In the presented study, prednisone was identified in the hair of 9/10 patients treated by Cortancyl® (30 à 130 pg/mg, mean 65 pg/mg). Methylprednisolone was detected (15 pg/mg) in the hair specimen obtained from the unique patient treated with Medrol®.

Key-words
Corticosteroids, hair, HPLC/MS, monitoring, doping

 

Intoxication accidentelle a l'arsenic par une pierre de collection.
Accidental arsenic intoxication with a collection stone.

Jean-Pierre GOULLÉ(1), Catherine KOLLY(2), Christian LACROIX(1), Anne DUQUENOY(3), Gérard GAUSSIN(3), Bernard LE LUYER(3)


(1) Laboratoire de Pharmacocinétique et de Toxicologie Cliniques - Groupe Hospitalier
B.P. 24 - 76083 LE HAVRE Cedex
Tél. : 02 32 73 32 23 - Fax : 02 32 73 32 38
(2) Service de Néonatologie - Centre Hospitalier Universitaire
1, rue de Germont, 76031 ROUEN Cedex
Tél. : 02 32 88 89 90
(3) Département de Pédiatrie - Groupe Hospitalier
B.P. 24 - 76083 LE HAVRE Cedex
Tél. : 02 32 73 36 30 - Fax : 02 32 73 31 77
Correspondance à adresser à : Docteur Jean-Pierre GOULLÉ
Laboratoire de Pharmacocinétique et de Toxicologie Cliniques
Centre Hospitalier Jacques Monod
B.P. 24 - 76083 LE HAVRE

RÉSUMÉ
L'objectif de ce travail est de présenter un cas d'intoxication à l'arsenic par une pierre de collection et de proposer des mesures pour éviter ce type d'accident. L'observation que nous rapportons concerne un nourrisson de 17 mois qui joue avec les pierres de collection de son frère aîné. Celles-ci font partie d'un assortiment de pierres que l'on peut se procurer dans les magasins de souvenirs ou sur les marchés, sans qu'aucune mention ne soit faite de leur dangerosité éventuelle. Le jeune Flavian est surpris par sa mère avec des pierres dans la bouche. La mère le fait cracher et élimine le maximum de particules puis lui rince la cavité buccale à l'eau. Elle se rend aux Urgences Pédiatriques, l'enfant ne présente pas de symptomatologie clinique particulière. Les pierres, de couleur jaune vif, sont identifiées comme étant de l'orpiment ou sulfure naturel d'arsenic (As2S3) . Le dosage de l'arsenic (As) est réalisé par spectrométrie d'absorption atomique électrothermique au four graphite, équipé d'un dispositif Zeeman pour la correction du bruit de fond (Spectra AA 800 avec GTA 100 Varian). La méthode des ajouts dosés que nous utilisons a été mise au point et validée au laboratoire selon les critères usuels. Le dosage spécifique de l'As inorganique, la seule forme d'As toxique, est effectué après extraction par le chloroforme. L'As urinaire inorganique, montre une élévation très importante du rapport urinaire As/créatinine à 327 µg/g (sujet exposé < 50 µg/g en fin de semaine de travail). Un contrôle de l'As sanguin et urinaire réalisé trois mois plus tard s'avère normal. Cette observation pose un réel problème de santé publique : minerais en vente libre, sans aucune mention, qui plus est destinés aux enfants alors qu'il s'agit de divers sels de métaux dont la toxicité peut être redoutable. Nous proposons un étiquetage adapté mentionnant la dangerosité éventuelle du minerai et l'emploi d'emballages inviolables pour les minéraux toxiques.
Mots clés : intoxication - arsenic - pierres de collection.

SUMMARY
The purpose of this paper is to present a case of arsenic intoxication with a collection stone and to propose guidelines aimed to avoid this type of accident. The case which we are reporting on is that of a 17 month old toddler who was playing with the stones' collection of his older brother. These stones formed part of an assortment which can be bought in a souvenir shop or in the markets without any mention of eventual dangers. The young Flavian was caught by his mother with some stones in his mouth. She made him spit them, eliminated as many particles as she could and rinsed his mouth with water. When she arrived to the paediatric emergency unit the child had no particular clinical symptoms. The stones, of a brilliant yellow colour, were identified as being orpiment or natural sulphur of arsenic (As2S3) . Arsenic (As) level was measured by electrothermic atomic absorption spectrometry with a graphite oven equipped with a Zeeman device for the correction of background noise (Spectra AA 800 with GTA 100 Varian). The standard additions technique which we used was improved and validated in our laboratory according to the usual criteria. The specific dosage of inorganic As, the only toxic form of As, is done after extraction with chloroform. Inorganic urinary As showed a very important elevation of the ratio urinary As/creatinine at 327 µg/g (exposed subject < 50 µg/g at the end of a working week). A control of blood and urinary as done afterwards was normal. This observation puts in evidence a real problem of public health. Minerals containing different mineral salts, some of which might be of fearful toxicity, are freely sold without any indications of danger and what is even worse they are intended for children. We suggest minerals should be provided with a tag indicating the eventual danger of the mineral and the use of sealed packages for the toxic minerals.

Key words : intoxication - arsenic - stone collections

 

Intérêt de l'extraction en phase solide en toxicologie : exemple d'extraction de 15 substances toxiques et médicamenteuses par 7 colonnes SPE différentes par un protocole unique.
Interest of SPE in toxicology field : example of 15 toxics or drugs extraction by 7 different SPE columns using a simple extraction procedure.

Nouredine Sadeg* et Michel Dumontet
Laboratoire Claude Bernard - Centre Hospitalier René Dubos,
F - 95300 Pontoise, France.
Author whom correspondance should be addressed.
Fax Int + 33 1 30 75 53 69,
Tél Int 33 1 30 75 42 54, e-mail sadeg@ch-pontoise.fr.

RESUME
Nous voyons apparaître sur le marché de nouvelles colonnes d'extraction en phase solide avec de nouvelles matrices dédiées pour l'extraction, en une seule étape, de toxiques divers et proposent pour ce faire, des protocoles spécifiques pour le conditionnement des colonnes, le choix des tampons, les phases de lavage et d'élution des toxiques à extraire. Nous avons utilisé un protocole unique pour l'extraction en une seule étape de médicaments acides, neutres et basiques. Un protocole d'extraction en général est un compromis entre la sélectivité et le taux de rendement. Seul le taux de rendement est déterminé dans notre étude. Le protocole d'extraction utilisé est le suivant : conditionnement par méthanol et tampon phosphate pH 4,4, passage de l'échantillon, lavage par la solution tampon pH 4,4 et l'élution par du méthanol. La colonne OASIS extrait correctement les différents médicaments analysés. Aux conditions utilisées, les colonnes Certify, MN Drugs Isolute HCX et Speed Flow ABN extraient faiblement les molécules basiques et neutres. En effet, les analytes basiques ne sont pas élués et restent accrochés à la matrice ; il faudra, pour augmenter la force éluante, alcaliniser l'éluat par du NH4OH par exemple et ceci permettra de créer un recul d'ionisation et donc de décrocher ces analytes de la phase stationnaire. Ces médicaments basiques sont donc correctement élués lorsque l'on rajoute de l'ammoniac au solvant d'élution (méthanol). Par contre, les médicaments acides sont faiblement extraits car peu retenus par la phase stationnaire. Pour améliorer le rendement d'extraction par ces colonnes, il faudra modifier les conditions de l'étape de lavage selon les molécules à extraire. En effet, le mécanisme de rétention est fonction du choix des tampons et de leurs pH. La colonne MNHR-P extrait seulement les médicaments acides. La colonne Isolute HAX est intéressante par ses performances, mais donne de faibles taux de rendement pour le méthotrexate et les salicylés. Les colonnes OASIS, Speed Flow ABN et MN HR-P sont indiquées pour l'extraction sur sang total, ce qui n'est pas le cas pour les autres colonnes étudiées et ceci est une donnée importante en Toxicologie médico-légale.

Mots-clés
Colonnes SPE, toxique, médicament, extraction sur phase solide.

SUMMARY
We see to appear of new SPE columns dedicated for the extraction, in one stage, of various poisonous and proposes for it make, some specific protocols for the conditioning of the columns, the choice of the buffers, solvents for washing and eluting steps. We used an unique protocol for the extraction in one stage of acidic, neutral and basic drugs and toxics. A protocol of extraction generally is a compromise between the selectivity and the rate of recovery. Only the rate of recovery is determined in our study. The protocol of used extraction is the following: conditioning by methanol and pH 4.4 phosphate buffer, pouring the sample, washing with pH 4.4 buffer solution and eluting the analytes with methanol. The OASIS column extracts the different analyzed drugs correctly. To the used parameters, the Certify, MN Drugs Isolute HCX and Speed Flow ABN columns extract the basic and neutral molecules weakly. Indeed, the basic analytes are not eluted and remain hung to the matrix; it will be necessary, in order to increase the strength of elution, to alkalize the eluting solvent with NH4OH for example and this will allow to fall back ionization and therefore of unhooking these analytes from the stationary phase. Therefore, these basic drugs are correctly eluted when the ammonia is added to the elution solvent (methanol). On the other hand, the acidic drugs are weakly extracted because of little kept by the stationary phase. In order to improve the output of extraction by these columns, it will be necessary to modify the step of washing according to molecules to extract. Indeed, the mechanism of retention is function of choice of buffers and of their pH. The MNHR-P column extracts the acidic drugs only. The Isolute HAX column is interesting by its performances, but deal of weak rate of recovery for methotrexate and salicylate. The OASIS, Speed Flow ABN and MNHR-P columns are indicated for the extraction on whole blood which is not the case for the other studied columns and this is an important data in forensic toxicology.

Key-words
SPE column, toxic, drug, solid-phase extraction

 

Adaptation d'une méthode colorimétrique à la mesure automatisée de l'activité catalytique des cholinestérases dans un plasma et dans un hémolysat de sang total
Adaptation of a colorimetric method for automated measurement of cholinesterase activity in plasma and whole blood hemolysate

Denis CHIANEA*(1), Fabienne ADAM(1), Jean-Louis CAPRON(2), Hubert CORBE(1).
(1) Laboratoire de Biochimie, Toxicologie et Pharmacologie Cliniques, H.I.A. Clermont-Tonnerre, rue Colonel Fonferrier, BP 41, 29240 Brest Naval.
(2) Service de Médecine de Prévention, D.C.N., 29240 Brest Naval.
Auteur à qui adresser la correspondance :
Le Pharmacien Chimiste Denis CHIANEA, laboratoire de Biochimie, Toxicologie et Pharmacologie Cliniques, Hôpital d'Instruction des Armées Clermont-Tonnerre, rue Colonel Fonferrier, BP 41, 29240 Brest Naval.
Téléphone : 02-98-43-72-28. Télécopie : 02-98-43-74-57.

Résumé :
La mesure de l'activité des cholinestérases dans le plasma permet le diagnostic d'une intoxication aiguë ou chronique par un inhibiteur des chlolinestérases. D'après la littérature, l'activité intra-érythrocytaire est un marqueur pertinent dans les intoxications chroniques et constitue un meilleur indicateur des effets biologiques des inhibiteurs des cholinestérases que l'activité plasmatique. Les auteurs proposent une adaptation de la méthode colorimétrique manuelle en mode bi-réactif Cholinestérase MPR2 Roche. La technique proposée permet la mesure automatisée à 37 °C de l'activité des cholinestérases dans un plasma ou dans un hémolysat de sang total sur analyseur multiparamétrique CobasÒ Mira ABX Diagnostics; l'activité intra-érythrocytaire est obtenue par calcul à partir des deux activités précédentes et de l'hématocrite. La technique est linéaire entre 19 et 959 U/L. Trente sérums et trente hémolysats de sang total ont été analysés avec la technique proposée et avec une méthode de référence en mode mono-réactif : Cholinestérase [PTC] Sigma Diagnostics. La comparaison des résultats rend compte d'un facteur de corrélation égal à 0,99 pour les échantillons plasmatiques et à 0,91 pour les hémolysats de sang total. L'automatisation réduit les imprécisions liées à l'utilisation de petits volumes de prise d'essai (4 µl) et de réactif déclenchant (28 µl). Elle permet de rendre un résultat dans un délai de cinq minutes après traitement des échantillons biologiques. L'emploi d'un bi-réactif est économiquement rentable particulièrement pour l'analyse ponctuelle de petites séries d'échantillons biologiques : les réactifs sont stables pendant six semaines à + 4 °C et à l'abri de la lumière après reconstitution.
Mots-clés :
Acétylcholinestérase intraérythrocytaire ; carbamates ; intoxication ; méthode colorimétrique ; organophosphorés ; pesticides.

Summary :

The measurement of plasma cholinesterase activity is used to diagnose acute or chronic poisoning with cholinesterase inhibitors. According to the literature, the erythrocyte cholinesterase activity is a better biomarker for chronic cholinesterase inhibitor poisoning than plasma cholinesterase activity. The authors propose an adaptation of the colorimetric method in bi-reagent form Cholinesterase MPR2 Roche. The proposed technique allows automated measurement at 37 °C of the cholinesterase activity in plasma or hemolysate of whole blood on a CobasÒ Mira ABX Diagnostics chemistry system ; erythrocyte cholinesterase activity is obtained by calculation from the previous two activities and from the hematocrit value. The technique is linear between 19 and 959 U/L. Thirty sera and thirty hemolysates of whole blood were analysed with the proposed technique and with a reference method in mono-reagent form : Cholinesterase [PTC] Sigma Diagnostics. The comparison of results yields a correlation coefficient of 0,99 for plasma and 0,91 for whole blood hemolysate. The automation reduces imprecision due to manipulation of small sample volume (4µl) and start-reagent (28 µl). The proposed technique allows to obtain a result in five minutes after treatment of the samples. The use of bi-reagent is economical particularly for the analysis of a small series of samples : after reconstruction, the reagent solutions are stable during six weeks at +4 °C if shielded from the light.
Key-words :
Carbamates ; colorimetric method ; erythrocyte acetylcholinesterase ; organophosphates ; pesticides ; poisoning.

Toxicomanie d'un anesthésiste au fentanyl : la preuve formelle par analyse des cheveux en utilisant la CPG/SM/SM
Evidence of fentanyl abuse by an anesthetist through hair analysis using GC/MS/MS

Marion Villain, Vincent Cirimele, Bertrand Ludes, Pascal Kintz
INSTITUT DE MEDECINE LEGALE, 11, RUE HUMANN
67000 STRASBOURG - FRANCE

Auteur pour la correspondance : Dr. Pascal KINTZ
Tel : 03.88.24.91.26 ; Fax : 03.88.35.67.58
e-mail : pascal.kintz@wanadoo.fr

RESUME
Un médecin anesthésiste exerçant en Suisse est soupçonné d'usage détourné de fentanyl. Afin de palier aux limitations des analyses urinaires, négatives pour le fentanyl à plusieurs reprises, une recherche au niveau capillaire a été réalisée, pouvant déterminer une éventuelle exposition répétée à ce médicament. Pour cela, une méthode par chromatographie gazeuse couplée à un spectromètre de masse tandem a été mise au point, comprenant une incubation dans du tampon Soerensen de la poudre de cheveux et une purification sur colonne Isolute C18.
Ce procédé validé (linéaire entre 20 et 1000 pg/mg, limite de détection de 20 pg/mg et rendement d'extraction de 82% pour une concentration de 100 pg/mg), a permis de doser le fentanyl à la concentration de 644 pg/mg. Celle ci est très importante en regard des concentrations retrouvées dans la littérature et signifie que ce médecin consomme de façon régulière ce stupéfiant.

Mots-clés : fentanyl, abus chronique, cheveux, CPG/SM/SM.

SUMMARY
An anesthetist, working in Switzerland , was suspected of fentanyl misuse. His urine analyses, biological fluid usually employed to document drug consumption, were always found negative. However it is known that the elimination of such drugs occurs within a few days. In contrast, hair allows a drug administration to be tracked back for months or even years. This is the reason why a method using a GC/MS/MS system was developed to detect fentanyl in hair.
After the validation of the procedure (linearity between 20 and 1000 pg/mg, limit of detection of 20 pg/mg and extraction recovery of 82 % at 100 pg/mg), we were able to detect fentanyl at a concentration of 644 pg/mg. This result is the proof of chronic abuse of fentanyl by the anesthetist.

Key-words : fentanyl, chronic abuse, hair, GC/MS/MS.

Intoxication aiguë mortelle par un herbicide, la bentazone.
Fatal acute poisoning by bentazon.

Alain TURCANT(1), Michel PUECH(2), Annie CAILLEUX(1), Patrick HARRY(3), Corinne BRUHAT(3), Nathalie VICQ(2), Anne LE BOUIL(1), Pierre ALLAIN(1).
(1) Laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie, CHU, 4 rue Larrey, 49033 ANGERS cedex.
(2) SAMU61 CH ALENÇON 61000.
(3) Centre anti-poison, CHU, ANGERS.

Auteur à qui adresser la correspondance :
A.TURCANT, Laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie, C.H.U., 4 rue Larrey, 49033 ANGERS Cedex.
Tél. : +33 (0) 241 35 45 52 - Fax +33 (0) 241 35 48 77.

RESUME
Un agriculteur de 56 ans est transporté en ambulance vers l'hôpital 1h (H1) après l'ingestion volontaire de 500 ml de FIGHTER® (bentazone, 480 g/L eau). Il présente une vigilance normale, une polypnée, une diarrhée profuse et des vomissements. Pendant le trajet, le patient devient très agité, transpire beaucoup et présente une brutale difficulté respiratoire conduisant à un arrêt cardiaque. Une hypertonie musculaire généralisée extrême rend impossible l'intubation trachéale (H1,5). Les gestes de réanimation sur place sont sans succès et le patient décède environ 2h après l'ingestion. L'analyse d'un échantillon de plasma et d'urine péri-mortem, par CLHP-UV-DAD après extraction par le dichlorométhane, ne montre ni strychnine ni autres médicaments ou toxiques à l'exception du citalopram ([plasma] <0,1 mg/L) et de la bentazone. Les concentrations plasmatique et urinaire de bentazone, mesurées soit par CPG, soit par CLHP après précipitation des protéines (plasma) ou simple dilution (urine), sont respectivement égales à 1500 et 1000 mg/L. L'identification de la bentazone (P.M. 240) est confirmée par ses spectres de masse sous forme non dérivée (ESI-, m/z 239, 197, 175, 132) et sous forme méthylée (EI+, m/z 254, 212, 175). Le métabolite 6-hydroxylé (EI+, m/z 284, 242, 163 ; ESI-, m/z 255, 213, 191, 148) ainsi que le dérivé N-glucuronide de la bentazone (ESI , m/z 415, 239) sont mis en évidence dans l'urine.

MOTS-CLÉS
Fighter®, Bentazone, Métabolites, CLHP-SM-SM, Intoxication aigüe.

ABSTRACT
A 56-year old farmer was transported by ambulance to hospital 1h after voluntary ingestion of 500 ml FIGHTER® (bentazon, 480 g/L water). He presented a Glasgow score 15, polypnea, diarrhea, vomiting. During the transport, he was tossing, sweating and suddenly presented a breathing difficulty followed by heart failure. An extreme general muscle rigidity prevented any tracheal intubation (H1.5). All attempts at resuscitation failed. HPLC-DAD on peri-mortem plasma and urine, showed neither strychnine nor other drugs or toxicants except citalopram ([plasma] < 0.1 mg/L) and bentazon. Plasma and urine levels of bentazon, measured after GC-MS or HPLC-protein precipitation or dilution, were respectively 1500 and 1000 mg/L. Bentazon presence (M.W. 240) was confirmed by the mass spectra of the underivatized (ESI-, m/z 239, 197, 175, 132) and methylated (EI+, m/z 254, 212, 175) molecule. An hydroxylated metabolite (ESI-, m/z 255, 213, 191, 148 ; EI+, m/z 284, 242, 163) and the N-glucuronide of bentazon (ESI-, m/z 415, 239) were also detected in urine.

KEY-WORDS
Fighter®, Bentazon, Bentazone, LC-DAD, GC-MS, LC-MS-MS, Acute poisoning.