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Exposition au SUBUTEX
in utero et syndrome de manque du nouveau-né
In utero exposure to
SUBUTEX and withdrawal syndrome in the newborn
P. MARQUET(1),
P. LAVIGNASSE(2), J. CHEVREL(3), L. MERLE(1-4) , G. LACHATRE(5)
(1) Service de Pharmacologie et
Toxicologie, CHU DUPUYTREN - 87042 LIMOGES Cedex
(2) Médecin du Monde, 40, allée Marine - 40130 CAPBRETON
(3) Service de Pédiatrie et de Néotatologie, CHG - 40100 DAX
(4) Laboratoire de Pharmacologie, Faculté de Médecine - 87025 LIMOGES Cedex
(5) Laboratoire de Toxicologie, Faculté de Pharmacie - 87025 LIMOGES cedex
*Auteur à qui adresser la correspondance : Docteur Pierre MARQUET, Service de
Pharmacologie et Toxicologie,
CHU DUPUYTREN - 87042 LIMOGES Cedex - Tél. -. (33) 05 55 05 61 40 - Fax -. (33) 05 55 05
61 62
(Reçu le 3 novembre 1998 ;
accepté le 20 décembre 1998)
RESUME
Parmi les nombreux
toxicomanes actuellement traités par la buprénorphine à forte dose (SUBUTEX) en France,
se trouvent inévitablement des femmes enceintes, bien que la buprénorphine (BU) soit
déconseillée pendant la grossesse, en l'absence d'étude de tératogénicité et
d'embryotoxicité chez l'homme. Plusieurs cas de syndrome de manque du nouveau né
attribués à la BU ont été enregistrés par le réseau français de pharmacovigilance,
mais sans confirmation analytique de l'abstinence réelle de la mère pour les
stupéfiants, en particulier opiacés.
Dans cet article sont rapportés les
résultats d'investigations cliniques et toxicologiques chez six nouveau-nés exposés au
SUBUTEX in utero pendant plusieurs mois. Aucun enfant n'était atteint de malformation
congénitale. Deux d'entre eux n'ont jamais montré de signes de sevrage (groupe 1), deux
autres ont présenté un syndroi-ne de manque tardif (>36 h), léger à modéré,
(groupe II) et les deux derniers un syndrome de sevrage précoce "24 h" et plus
intense (groupe III).
Les concentrations de BU et de norbuprénorphine (NBU), mesurées par chromatographie
liquide couplée à la spectrométrie de masse par interface électrospray, étaient
généralement plus faibles dans les échantillons périnataux de sérum foetal etlou du
cordon ombilical que dans ceux de sérum maternel. Aucune corrélation n'a été
retrouvée entre ces concentrations sériques et l'apparition ultérieure d'un syndrome de
manque. Les principales familles de stupéfiants ont été recherchées par FPIA et les
résultats positifs confirmés par chromatographie en phase gazeuse couplée à la
spectrométrie de masse : dans les groupes I et Il, aucun stupéfiant n'a été retrouvé
dans l'urine maternelle, dans l'urine et/ou le méconium des nouveau-nés; dans le groupe
III, de la morphine et de la codéine ont été mises en évidence dans le méconium d'un
enfant, ainsi que dans les cheveux de l'autre enfant et de sa mère.
Bien que nécessitant d'être confirmés par une étude clinique plus large, ces
résultats suggèrent que le SUBUTEX pourrait être envisagé comme alternative à
la méthadone dans le traitement de substitution de la femme enceinte.
SUMMARY
The many heroin addicts currently
treated with high dosages of buprenorphine (SUBUTEX) in France, necessarily comprise
pregnant women, though the use of Imprenorphine (BU) is discouraged during pregnancy owing
to the lack of data about teratogenesis and embryotoxicity in humans. Several cases of
withdrawal syndrome in newborns were recorded by the French Pharmacovigilance Network, but
without any analytical confirmation of the mothers' abstinence for drugs of abuse,
particularly opiates.
The present paper reports the
results of clinical and toxicological investigations in six newbortis exposed to SUBUTEX in utero during several months. None showed congenital
malformations. Two newborns never suffèred a withdrawal (group I), two others presented a
late (>36h) and light to moderate withdrawal syndrome (group II) and the last two had a
precocious "24h" and more severe withdrawal syndrome (group III).
BU and norbuprenorphine (NBU) concentrations, measured using liquid
chromatography-electrosprt~v-inass spectroscopy, were generally lower in fetal and cordal
than in maternal serum samples collected just after birth. No correlation could be
established between these levels and the later occurrence of withdrawal signs. The
mainfamilies of drugs of abuse were screened using FPIA. The positive results were confirmed
using gas chromatography-mass spectrometry : in groups I and II, all results were negative
in the urine of the mothers and the newborns as well as in meconium samples; in group III,
morphine and codeine were found in the meconium of one newborn, as well as in the hair
samples of the other newborn and his mother Though they, need to be confirmed by a larger
clinical study, these results suggest that SUBUTEX might be considered as an alternative
to methadone for the maintenance treatment of pregnant women.
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