TOXICORAMA 1999, vol XI, n°1 

Dosage de stéroïdes anabolisants dans les cheveux de deux culturistes Testing for anabolic steroids in human hair obtained from two bodybuilders


V. CIRIMELE*, P. KINTZ, T. JEANNEAU, B. LUDES

Institut de Médecine Légale, 11, rue Humann - 67085 STRASBOURG Cedex (France)

*Auteur à qui adresser la correspondance :
V. CIRIMELE, Institut de Médecine Légale, 11, rue Humann
67085 STRASBOURG Cedex (France) - Tél : 03 88 24 91 29 - Fax : 03 88 35 67 58
E-mail : Vincent.Cirimele@medecine.u-strabg.fr

(Reçu le 2 septembre 1998 ; accepté le 4 novembre 1998)

RESUME


Récemment, deux culturistes ont été interpellés au poste de frontièrefranco-allemand de Strasbourg pour détention de 2050 comprimes et 251 ampoules d'anabolisants stéroidiens dans leurs valises. Ils déclarèrent aux douaniers qu'il s'agissait de produits réservés à leur consommation personnelle pour préparer le prochain Championnat du Monde et non d'un trafic. Afin de vérifier les déclarations des individus, lejuge en charge de l'affaire ordonna de réaliser des analyses d'urines et de cheveux. L'analyse des échantillons urinaires a comporté une première étape de purification sur colonne C18 Isolute, une hydrolyse par la B-glucuronidase à pH 7,6 et une dernière étape de purification par extraction liquide-liquide à pH alcalin avec du pentane. La phase organique a été évaporée puis l'extrait dérivé par 50 µl de MSTFA/NH4I/mercaptoéthanol (1000/2/5), 20 minutes à 60° C.
Les cheveux ont été préalablement décontaminés, pesés et dissous dans 1 ml de soude 1N (10 mn à 95° C) en présence d'étalons deutérés. L'homogénat a été extrait par 5 ml d'acétate d'éthyle. Après évaporation de la phase organique, l'extrait a été dérivé comme pour les urines.
Quatre µl des extraits dérivés ont été injectés en mode pulsé dans un système chromatographie en phase gazeuse-spectrométrie de masse. La nandrolone, le stanozolol, la testostérone et leurs métabolites respectifs ont pu être identifiés dans les urines des deux culturistes. L'analyse de leurs cheveux a permis de mettre en évidence la nandrolone aux concentrations respectives de 196 et 260 pg/mg, la testostérone au taux de 46 et 71 pg/mg et le stanozolol aux concentrations de 135 et 156 pg/mg. La détection des stéroides anabolisants dans les urines et les cheveux des deux culturistes étaient donc enfiaveur d'une consommation récente mais aussi chronique de ces substances.
Bien que l'analyse des cheveux n'est pas encore reconnue dans le monde du sport et par le Comité International Olympique, elle peut representer un complément idéal des résultats de dosages urinaires conventionnels.


SUMMARY

Two bodybuilders were recently arrested by the French customs in Strasbourg (France) with 2050 tablets and 251 ampoules of several anabolic steroids. They claimed a personal use and no traffic as suggested by the police. Urine and hair specimens were collected to verify the allegations of the bodybuilders. The analysis ofthe urinary samples underwent a first stage of purification in a C 18 Isolute column, ait hydrolysis by B-glucuronidase at pH 7.6 and a last stage of purification by liquid-liquid extraction at an alkaline pH with pentane. After evaporation of the organic phase, the extract was derivatized with 50 µl of MSTFA/NH4I/mercaptoethanol (1000/2/5), 20 minutes at 60° C
The hair samples were previously decontaminated, weighed and dissolved in 1 ml of sodium hydroxide IN (10 min, at 95° C) in the presence of deuterated standards. The homogenate was extracted by 5 ml of ethyl acetate. After evaporation of the organic phase, the extract was derivatized as for the urine samples.
Four µl of derivatized extracts were injected in pulse mode in a gas chromatography mass spectrometry system. Nandrolone, stanozolol, testosterone and their corresponding metabolites were identified in the urine samples of both subjects. Hair tested Positive for nandrolone (196 and 260 pg/mg), stanozolol (135 and 156 pg/mg) and testosterone (46 and 71 pg/mg). The detection of anabolic steroids in urine and hair of both body builders clearly indicates a recent but also a chronic abuse of steroids.
Although not yet recognized in the world of sport by the International Olympic Conimittee, hair analysis may be a useful adjunct to conventional drug testing in urine.