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Place des stupéfiants dans les accidents 250
mortels et corporels en France. RESUME
L'étude a porté sur 169 échantillons sanguins prélevés chez 84
conducteurs impliqués dans un accident corporel et 85 conducteurs
impliqués dans un accident mortel. La recherche et le dosage des
stupéfiants y ont été pratiqués,
à
la demande des autorités
judiciaires. Les analyses ont été conduites par chromatographie
gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. La présence d'au
moins un stupéfiant a été mise en évidence chez 59 conducteurs
(34,9 %). La plus grande fréquence était observée pour le cannabis
(26 %), et particulièrement chez les jeunes conducteurs (35 à 43 %
chez les moins de 30 ans). Tous les conducteurs positifs pour le
cannabis étaient parmi ceux considérés comme responsables de
l'accident. Dans environ la moitié des cas, la présence de cannabis
n'était pas associée à une consommation d'alcool. Des opiacés
étaient présents chez Il conducteurs soit 8,5 %, dont 3,9 % pour
lesquels pouvait être écartée une administration à visée
thérapeutique (codéine, pholcodine). La cocaïne était retrouvée chez
3 conducteurs soit 2,3 % et la même prévalence était observée pour
les amphétamines. Pour chacune de ces quatre familles de stupéfiants, le nombre de
cas positifs concernait autant les accidents corporels que les
accidents mortels. Les auteurs en concluent que la consommation de psychotropes
illicites est indéniablement devenue un facteur d'insécurité routière
majeur et qu'il y aurait tout autant lieu de les rechercher chez les
conducteurs impliqués dans un accident corporel que dans les seuls
accidents mortels, comme le prévoit la loi de juin 1999. MOTS-CLÉS Stupéfiants, accidents de la route, sécurité routière, cannabis, amphétamines, cocaïne, opiacés. SUMMARY The study concerned 169 blood samples of 84 drivers involved in a corporal road accident and 85 drivers involved in a fatal accident. A screening for drug of abuse was performed, on request of police investigation officers, using gas chromatography - mass spectrometry. 59 drivers (34.9 %) tested positives for at least one drug. The most important frequency was observed with cannabis (26 %), and particularly in young drivers (35 to 43 % were below 30). All cases positive for canabinoids were found among drivers regarded as responsible for the accident. In about 50 % of the cases, cannabis was not associated with alcohol intake. Opiates were Jound in 8.5 % of drivers, including 3.9 % for whom a therapeutic use (codeine, pholcodine) could not be documented. Cocaine was found in 2.3 % of cases and the same incidence was observed with amphetamines. In all the drug classes, a similar number of positive cases was observed in both corporal and fatal accidents. The authors conclude that illicit psychotropic drugs are undoubtedly a major factor of road insecurity and that screening for drugs of abuse would be also, highly advisable in corporal accidents such as in fatal accidents. KEY-WORDS Drugs of abuse, road accidents, trafic safety, cannabis, |