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Intoxication fatale par ingestion de phosphure
d'aluminium.
Fatal poisoning by aluminium phosphide.
F. ANGER, F. PAYSANT, F. BROUSSE, I. LE NORMAND, P. DEVELAY,
Y. GAILLARD, M.A. LE GUEUT,
G. PEPIN, J.P. ANGER.
RÉSUME
Nous présentons le cas d'un homme dépressif de 39 ans s'étant
suicidé par ingestion de phosphure d'aluminium, un puissant
taupicide. La victime, un ingénieur du Service de la Protection des
Végétaux, s'était procuré le produit sur les lieux de son travail. Le
phosphure d'aluminium au contact de l'humidité dégage de grandes
quantités d'hydrogène phosphoré, gaz très toxique. A la demande
des autorités judiciaires une autopsie médico-légale a été réalisée ce
qui a permis d'écarter une autre cause de décès.
Les constatations macroscopiques lors de l'autopsie ont mis en
évidence un syndrome asphyxique très important avec congestion
viscérale majeure. Des
prélèvements de sang, urine, foie, rein,
surrénale, cerveau et coeur ont été placés dans de petites fioles
serties pour être analysés. Pour ces échantillons, le dosage de
l'hydrogène phosphoré a été réalisé par chromatographie en phase
gazeuse selon la méthode de l'espace de tête. Après digestion acide
des échantillons, les dosages de phosphore total et d'aluminium ont
été réalisés par spectrométrie d'émission avec excitation par plasma
(LCP-M.S). Les prélèvements des principaux viscères ont bénéficié
d'un examen anatomo-pathologique.
L'hydrogène phosphoré est présent principalement dans le cerveau
(94 mglg), le foie (24 mglg), le rein (41 mglg), les surrénales (2,4 mglg)
et le coeur (0,9 mglg) mais absent dans le sang et l'urine. Les teneurs
en phosphore total et aluminium sont très nettement supérieures aux
valeurs usuelles publiées. Elles ont donné les résultats suivants :
Phosphore total: sang (76,3 mg/1), cerveau (4,3 mg1g), foie (8,2
mg1g), surrénale (4,5 mg1g), rein (2,05 mg/g) ; Aluminium : sang
(1537 pgll), cerveau (36 uglg), coeur (4,6 uglg), foie (75 jug1g),
surrénale (44.uglg), rein (3 pglg).
Ce cas est l'occasion de rappeler la rareté de cette intoxication en
France et la toxicité du phosphure d'aluminium.
MOTS-CLÉS:
Phosphure d'aluminium, AlP, intoxication humaine volontaire,
milieux biologiques, viscères.
SUMMARY
The case of a 39-year-old man who committed suicide by ingestion
of aluminium phosphide, a potent mole pesticide, which was
available at the victims work place, is presented. When aluminium
phosphide comes into contact with humidity, it releases large
quantities of hydrogen phosphine (PH3), a very toxic gas. The
judicial authority ordered an autopsy which ruled out any other
cause of death.
The victim was discovered 10 days after the ingestion of the
pesticide. Macroscopic examination during the autopsy clearly
revealed a very important asphyxia syndrome with major viscéral
congestion. Blood, urine, liver, kidney, adrenal and heart samples
were analyzed. Phosphine gas was absent in the blood and urine but
présent in the brain (94 mg1g), the liver (24 mglg) and the kidneys
(41 mglg). High levels ofphosphorus werefound in the blood (76.3
mgll) and liver (8.22 mg1g). Aluminium contents were very high in
the blood (1.54 mgll), brain (36 pglg) and liver (75 pglg) compared
to the usual published values.
Microscopic examination revealed an important congestion of all
the organs studied and obvious asphyxia lésions of in the
pulmonary parenchyma.
All these results confirmed a case of poisoning by aluminium
phosphide. This case is an opportunity to point out that this type of poisoning is rare and that hydrogen phosphine is very toxic. The
phosphorus and aluminium levels observed as well as their
distribution in the différent viscera are discussed in relation to the
literature data.
KEY-WORDS
Aluminium phosphide, AlP human poisoning, biological fluids, organs, viscera.
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