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S.F.T.A. SOCIETE FRANCAISE DE TOXICOLOGIE ANALYTIQUE Commission
de toxicologie médico-légale Proposition de la commission
THE AUTOPSY SAMPLES NEEDED FOR A TOXICOLOGICAL EXPERT APPRAISEMENT G. PEPIN 1 , M. DEVEAUX 2 , J.P. GOULLE 3 , P. KINTZ 4 , P. MARQUET 5
Dans nombre daffaires criminelles des cinquantes dernières années, des problèmes de prélèvements à visée toxicologique sont apparus. Soit ils nont pas été réalisés, ou en quantité insuffisante, soit ils ont été mal prélevés, ou enfin mal conservés. Citons les plus connus [14] :
Ces faits déplorables, déjà anciens, et les batailles dexperts comme davocats, qui sen sont suivies, ont donné une vision négative de la toxicologie médico-légale en France. Le problème de la nature et de la quantité des prélèvements nest pas nouveau et certains médecins légistes lavait déjà posé. Citons LECOMTE et NICOLAS : " la toxicologie est un domaine rempli dembûches et une source de contestations, le toxicologue est dabord tributaire du médecin légiste qui réalise les prélèvements, temps essentiel et irréversible (...) " [15]. En 1990, DURIGON dresse la liste de prélèvements à effectuer [10] : sang, urine, bile, contenu gastrique, viscères, cerveau, poumon, cheveux, ongles et os. Si BOITEAU pouvait déclarer en 1985 : " la toxicologie médico-légale représente un champ dinvestigations immense, presque illimité. La tâche est longue, pleine dembûches et dincertitudes " [2]. A ce jour, lévolution considérable des techniques analytiques, permet aux toxicologues analystes en médecine légale denvisager leur tâche avec une grande probabilité daboutissement et avec beaucoup plus de sûreté. Tout ceci, évidemment, dans la mesure où les toxicologues pourront disposer des bons prélèvements, bien effectués, dans des contenants corrects, en quantité suffisante et bien conservés. Parallèlement à cette évolution technologique, la construction européenne amène à des rapprochements scientifiques et médicaux en médecine légale. Ainsi des médecins légistes de plusieurs pays européens, au cours dune réunion de consensus organisée par les professeurs Lecomte et Mangin [16], sur le thème de " lautopsie en médecine légale à lheure de lEurope ", ont abordé le problème des prélèvements dont, bien sûr, ceux nécessaires à la toxicologie. Dune façon plus générale, larrêté du 2 novembre 1994 [17], relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale, donc à la toxicologie, sans sappliquer stricto sensu légalement à la toxicologie médico-légale, précise la notion déchantillons biologiques en vue de lanalyse : le prélèvement des échantillons, leur identification, la nature des tubes et des récipients primaires et secondaires, ainsi que leur conservation. Ce dernier point est prépondérant en médecine légale du fait de la contre expertise toujours possible. En 1994, la parution des nouveaux textes concernant le guide de bonne exécution des analyses (G.B.E.A) et les décrets parus en avril 1996 concernant laccréditation des établissements de lhospitalisation publique et privée [5], incluant jusquaux structures spécialisées comme les laboratoires de biologie, a amené la Société Française de Toxicologie Analytique (S.F.T.A : Président P. KINTZ) à créer, en plus de la commission contrôle qualité (responsable M. DEVEAUX), une commission daccréditation des laboratoires effectuant des analyses toxicologiques (Responsable A. GRUSON). Cest donc dans ce contexte davancée foudroyante des technologies analytiques [19, 22, 23, 24], de la nécessité détablir des normes de qualité, tant pour la structure que pour lanalyse, de la nécessité daboutir à des résultats fiables, répétables et donc totalement crédibles afin déviter les errements du passé que la commission toxicologie médico-légale de la S.F.T.A. (Responsable G. PEPIN), composée de 15 membres, tous experts toxicologues dorigine diverses (universités, hôpitaux, laboratoires de police, gendarmerie ou laboratoires privés), a travaillé sur le problème des prélèvements, en liaison étroite avec tous les médecins légistes avec lesquels ils collaborent dans les structures de médecine légale (Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Lille, Limoges, Lyon, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg). La contribution du toxicologue est essentielle dans la démarche de la recherche des causes toxiques de la mort puisque les statistiques, obtenues dans sept Instituts de Médecine Légale (IML) de France sur un échantillon de 1718 autopsies effectuées en 1996, montrent clairement que le pourcentage de morts dorigine toxique est denviron un cinquième du total des autopsies, ce qui est considérable. identification / conservation (température - durée) / destruction En plus des critères didentification de tout prélèvement biologique, décrits dans larrêté du 2 novembre 1994 relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale, à savoir :
Le prélèvement issu dune autopsie en médecine légale doit comporter :
De plus, comme celui ci devra être conservé pendant des mois, voire des années parfois, au réfrigérateur ou au congélateur, lencre et la colle devront être choisies pour résister à lhumidité des chambres froides. Vu le nombre de prélèvements conseillés, par la commission médico légale de la Société Française de Toxicologie Analytique (10 à 14), lidéal est de disposer dune petite machine à confectionner des étiquettes autocollantes sur rouleau utilisant une encre indélébile. A lexception des cheveux qui doivent être conservés à température ambiante, et impérativement au sec, tous les autres prélèvements doivent être conservés au froid à 4°C ou congelés à -20°C, voire à -80°C si possible. Dans le seul cas des flacons pour alcoolémie destinés à la contre-expertise, la
durée de conservation est fixée par décret à neuf mois. Pour la toxicologie, aucun
texte ne fixe la durée de conservation des prélèvements. Celle-ci est variable et
devrait durer au moins jusquau classement de laffaire ou à son jugement. La destruction des prélèvements ne devrait se faire quaprès accord écrit des
autorités judiciaires. III - NECESSITE DE PRELEVER DEMBLEE TOUS LES MILIEUX BIOLOGIQUES NECESSAIRES POUR LA RECHERCHE DES CAUSES TOXIQUES DE LA MORT. Lexpérience nous a appris que lorientation donnée par les officiers de police judiciaires et / ou les médecins légistes, dans les recherches dun toxique, peut être contredite par les analyses toxicologiques effectuées ultérieurement. Citons deux cas à titre dexemple :
Si lensemble des milieux biologiques ne sont pas prélevés demblée, lors de lautopsie, le risque est grand de ne pouvoir apporter la preuve analytique. La justice ne disposera donc que de suppositions accompagnées de multiples réserves donnant lieu, inexorablement, à des batailles judiciaires dans lesquelles la vérité ne sort pas toujours gagnante. En effet, des prélèvements effectués a posteriori lors dune exhumation, sont entachés dune erreur due à la possible destruction des molécules organiques par les mécanismes bactériologiques, enzymatiques et chimiques de la décomposition. Ce type de prélèvement donne lieu, quoiquil arrive, à une difficulté majeure dinterprétation des concentrations mesurées dans les liquides putréfiés. La remontée aux concentrations initiales dans lorganisme tient plus de lexercice déquilibriste que du raisonnement scientifique. Que signifie lidentification dune drogue dans un milieu biologique sans aspect quantitatif puisque le vieil adage : " cest la dose qui fait le poison " est toujours vérifié ? De plus, lapparition des ptomaïnes, ou bases de putréfaction, provenant de la décarboxylation des acides aminés issus de la dégradation des protéines, sous linfluence des carboxylases bactériennes de la microflore cadavérique, peuvent induire des difficultés dinterprétation, particulièrement pour les toxicologues non avertis qui utiliseraient des analyses enzymatiques rapides. Citons parmi celles ci les plus connues : léthanolamine, la tyramine, la cadavérine, la b phényl-éthylamine, la putrescine, et bien sûr lhistamine, lindole et la tryptamine [3, 26]. I - sang et liquide hematique 1°/ Sang cardiaque Le sang cardiaque présente lavantage de pouvoir être aisément prélevé, en quantité importante, et apporte la quantité de matière nécessaire à la réalisation dune recherche toxicologique générale. Par contre, par suite dune lyse des cellules myocardiques, on observe une augmentation très importante, des concentrations des toxiques à tropisme intra cellulaire et, bien sûr, de ceux dont la fixation tissulaire cardiaque est majoritaire. Tel est le cas, de la digoxine, de la chloroquine, de limipramine, et dune façon plus générale, de certains antidépresseurs, doù de possibles erreurs dinterprétation : taux toxiques dans le sang cardiaque aboutissant à la conclusion daccidents thérapeutiques, suicides ou intentions criminelles alors quil y avait banalement des taux thérapeutiques dans le sang périphérique. De ce fait, il faut éviter le prélèvement intracardiaque à laveugle parfois effectué lors des examens de corps. 2°/ Sang périphérique Il est donc nécessaire et indispensable de prélever quelques millilitres (5 ml) de sang périphérique (intra-iliaque, fémoral ou orbital sous clavier) additionné de fluorure de sodium (1 à 2 %) afin déviter lapparition dalcool endogène par fermentation anaérobie. Ce flacon sera réservé à lalcoolémie et au dosage des molécules à tropisme cardiaque ou a grand volume de distribution. Il devra être totalement rempli afin déviter les pertes déthanol au moment de louverture du flacon. 3°/ Sang périphérique pour recherches de composés volatils Ce type de composés, difficiles à identifier et à quantifier, mais assez couramment cause de décès (solvants industriels, cyanures, poppers, anesthésiant, fréon) exige des conditions rigoureuses de prélèvement afin déviter sa perte partielle ou totale lors du prélèvement. Seul un prélèvement par seringue étanche en verre ou plastique convient. Ce système permet une mesure précise du volume sanguin à transférer dans les fioles propres à chaque appareillage pour lanalyse de lespace de tête des flacons " head-space " par chromatographie en phase gazeuse, permettant lidentification mais également la quantification nécessaire à linterprétation. II - lurine III - contenu gastrique IV - le vitré V - la bile Tableau I
Distribution des benzodiazépines : bile, sang
NB : ces valeurs sont mesurées chez des sujets décédés.
1°/ Historiquement a) En 1963, les règles de prélèvement étaient simples : de grandes quantités de viscères (plusieurs kilos) étaient prélevées dans de gros bocaux en mélangeant les organes [21] :
Les méthodes analytiques, peu sensibles et peu spécifiques de lépoque, obligeaient lexpert toxicologue, à réaliser une extraction à partir dune quantité importante de viscères, pour obtenir une quantité de toxique décelable. b) En 1988 M. DURIGON recommandait [9] :
Le Professeur DURIGON recommandait de ne prélever quun fragment de chaque organe, mais ceux-ci ne pouvaient pas être mélangés. c) Actuellement, les techniques danalyses utilisées permettent de détecter le microgramme, le nanogramme ou même le picogramme de substances actives et permettent de travailler à partir dune quantité dorganes de lordre de quelques dizaines de grammes (20 grammes de chaque organe conditionné séparément ont été retenues comme quantité suffisante). 2°/ Les viscères à prélever actuellement Ces tissus sont utilisés soit pour rechercher des toxiques qui sy fixent particulièrement soit lorsque le corps est dilacéré par des traumatismes multiples (accident sur voie ferrée ou sur autoroute avec contribution de plusieurs véhicules), ou transpercés en de multiples endroits et exsangues (très nombreux coups de couteaux), ou carbonisés (les liquides biologiques classiques peuvent alors avoir totalement disparus), soit pour disposer de données pharmacocinétiques nécessaires à linterprétation du mécanisme de lintoxication [4]. Le poumon : les toxiques volatils peuvent être introduits dans lorganisme par la voie respiratoire. De nombreux décès au trichloréthylène peuvent survenir par inhalation accidentelle ou volontaire. Ainsi, la comparaison des taux sanguins pulmonaires et gastrique, permet de conclure quant à un usage toxicomaniaque ou une ingestion involontaire. Pour certains composés, comme le cyanomalonitrile ou autres molécules utilisées pour la fabrication des bombes dauto défense, le toxique irritant ne se retrouve que dans les bronches ou le larynx. Il ne traverse pas les membranes alvéolaires et ne peut donc pas passer dans la circulation sanguine. Dune façon générale, pour tous les produits volatils, le poumon est lorgane de choix, à condition que lautopsie ait lieu peu de temps après linhalation et que le prélèvement soit mis dans un contenant parfaitement étanche. Ainsi, les poppers (nitrite damyle, de butyle ou de propyle), peuvent être détectés beaucoup plus facilement dans le poumon que dans le sang par chromatographie phase gazeuse avec détection par spectrométrie de masse de lespace de tête.. Le cur : les cellules du myocarde fixent sélectivement entre autres molécules, les digitaliques, les antipaludéens et certains antidépresseurs. Le cerveau présente un intérêt particulier pour les substances lipophiles à tropisme cérébelleux comme les opioïdes. De plus, dans la boite crânienne, relativement étanche, on peut retrouver des composés volatils ayant disparu des autres organes lors du phénomène de liquéfaction putréfactive. Les reins sont particulièrement indiqués dans la recherche des intoxications chroniques aux métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, thallium, sélénium) et cadmium qui nécessitent de travailler sur des organes fraîchement prélevés. Le foie, siège principal du métabolisme de nombreux xénobiotiques, est intéressant en labsence de sang et de bile de par le cycle entéro-hépatique. Des métabolites disparus du courant sanguin peuvent se retrouver dans le foie (par exemple, la 6-monoacétyl morphine, élément indispensable pour distinguer une prise dhéroïne dune prise thérapeutique de morphine).
Les phanères présentent lavantage dune conservation exceptionnelle, ce qui permet, à posteriori, de disposer dinformations toxicologiques pour diagnostiquer une éventuelle intoxication ou exposition alors que toute autre matière biologique a disparu, à lexception des os. De plus, les cheveux permettent de disposer dune information toxicologique bien antérieure au décès. Le dosage de métaux (arsenic, thallium, plomb, mercure) dans les cheveux de cadavre est ancienne (1857) et plusieurs affaires célèbres, basées sur la difficulté dinterprétation des résultats trouvés et la fiabilité des méthodes utilisées (affaire Marie BESNARD de 1949 à 1962) ont défié la chronique. Cependant, le délicat problème dinterprétation des éléments métalliques à létat de traces ne se pose pas pour les molécules organiques xénobiotiques qui nexistent pas à létat naturel dans les cheveux ni dans la terre des cimetières. Lanalyse des xénobiotiques dans ce milieu est déjà ancienne. Dès 1979, les opiacés [1], puis la phencyclidine, les amphétamines, les barbituriques, etc.. étaient détectées et dosées dans les cheveux. En 1983, la chloroquine et ses métabolites étaient mis en évidence, en France, par Viala et collaborateurs [25]. Le nombre de toxiques que lon peut doser dans les cheveux ne fait que croître ; P. Kintz a édité récemment un ouvrage de synthèse sur ce sujet [13]. Plus récemment encore, une technique dextraction en phase solide couplée à la chromatographie phase liquide haute performance / barrette de diodes et la chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse, vient dêtre publiée. Elle permet didentifier et de doser un très grand nombre de médicaments [11, 20].
Tableau IV EXEMPLE DE RECHERCHE DE MEDICAMENTS DANS LES CHEVEUX DUNE PERSONNE DECEDEE. Historiquement : conducteur et passager tués par collision entre
deux véhicules. Une voiture remonte à très grande vitesse à contre circulation sur
lautoroute A6.
Conclusion : personne en suivi psychiatrique ayant arrêté brutalement son traitement, ce qui a entraîné son comportement délirant. Pour mémoire, il faut mentionner que dautres phanères peuvent être utilisés, comme les ongles ou les dents dans des cas encore plus extrêmes de décomposition. Les matériaux des récipients doivent être aréactifs, de manière à éviter toutes contaminations ou adsorption des toxiques recherchés. Ainsi, il est bien connu, que le delta-9-tétrahydrocannabinol sadsorbe sur certains verres, que le LSD se dégrade à la lumière, que le strontium, le sodium et le potassium sont relargués par certains verres de basse qualité, rendant difficile, voire impossible linterprétation des résultats trouvés. Nature des contenants Incontestablement, lidéal serait de pouvoir disposer de flacons de prélèvement en verre qualité type I pharmacopée, silanisés à large ouverture, bouchés par des capsules en téflon, auto-sertissables et, évidemment, totalement hermétiques. Cette solution a donc été retenue pour les trois prélèvements sanguins nécessaires à la toxicologie générale (deux flacons de 30 ml de sang cardiaque et un flacon de 5 à 30 ml de sang périphérique). Le flacon, à large ouverture, permet un remplissage plus facile pour le médecin légiste et un prélèvement plus aisé pour lanalyste. De plus, ce flacon en verre épais résiste à la congélation (-20°C) et le bouchon à vis résiste parfaitement aux pressions de gaz de putréfaction. Ces gaz entraînent, avec les flacons de type alcoolémie préalablement utilisés, le soulèvement des bouchons en caoutchouc dont le sertissage en aluminium ne résistait pas à la pression, doù une perte des composés volatils, des coulées de sang sur le flacon et une explosion lors de louverture par le toxicologue. Le dernier avantage des nouveaux flacons est lauto-sertissage rendant impossible louverture après remplissage sans briser une bande plastique, ce qui garantit une totale inviolabilité du prélèvement, tant pour lexpert toxicologue que pour le magistrat. Cependant, le coût dun tel contenant, pour des volumes variant de 5 à 50 ml, est suffisamment dissuasif pour que cette solution, idéale certes, nait pas été retenue pour les autres prélèvements. De plus, une étude de relargage effectuée avec différents types de plastiques, et lexpérience acquise sur plusieurs centaines dexpertises toxicologiques, ont permis de proposer, pour les prélèvements de contenu gastrique et les cinq prélèvements dorganes, lutilisation de flacon de type poudrier de 50 ml avec bouchon à vis qui présentent, en plus, lavantage de bien résister à la congélation et dêtre dun coût modique. Le caoutchouc a été éliminé de tous les systèmes de fermeture car les molécules
relarguées (composés azotés ou phosphorés) peuvent interférer lors des analyses
pratiquées en chromatographie phase gazeuse avec des détecteurs très sensibles (NPD).
Citons, parmi celles-ci les molécules déjà rencontrées et causes de difficultés
analytiques lors des identifications et des dosages dantidépresseurs,
dantiépileptiques, de méthadone, de théophylline, etc...[3] : Les cheveux prélevés lors de lautopsie ne doivent
pas être souillés de sang et orientés en référant le côté racine avec une
cordelette ou avec un papier adhésif. Il faut donc les prélever avant lautopsie et
surtout les faire sécher (primordial) avant de les conditionner soit dans une enveloppe,
ou du papier daluminium, ou dans un poudrier en cristal dont le bouchon ne sera pas
fermé hermétiquement. Le tableau III résume les propositions de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A. Tableau III : Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A. LES PRELEVEMENTS DAUTOPSIE NECESSAIRES A LA BONNE EXECUTION DES EXPERTISES TOXICOLOGIQUES
S : systématique
Dans la recherche des causes toxiques de la mort, qui concerne environ une autopsie sur cinq en moyenne nationale, le magistrat et le médecin légiste ne peuvent pleinement profiter des formidables avancées technologiques mises à disposition des toxicologues analystes experts que dans la mesure où la matière biologique sur laquelle ils travaillent, a été, au cours de lautopsie, bien prélevée, en quantité suffisante, bien conservée et suffisamment diversifiée. Les douze à quatorze flacons nécessaires tiennent une faible place (19 x 13 x 8 cm) dans une boîte facile à stocker, à transporter et à expédier, pour un coût total modique (25 francs environ). Certes, le médecin légiste passera quelques minutes de plus pour effectuer les différents prélèvements, mais il évitera ainsi tout problème ultérieur et permettra de conclure sur les causes toxiques même si lagent en cause na rien à voir avec celui subodoré au départ. Il évitera les exhumations où la molécule mère a le plus souvent disparu, soit totalement, soit au profit de produits de dégradation difficiles à identifier et dont la concentration est difficile à interpréter. Cette réflexion est le fruit des discussions de quinze toxicologues experts, représentant des laboratoires de toutes les obédiences (Instituts Médico Légaux, Hospitaliers, Universitaires, Policiers, Gendarmes et Privés) en liaison étroite avec leurs collègues médecins légistes des IML de nombreuses régions de France (Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Lille, Limoges, Lyon, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg). Celle-ci devrait permettre daméliorer encore les relations du couple indissociable médecin légiste - analyste toxicologue et aboutira ainsi à toujours mieux servir leur maîtresse commune, " la justice ".
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