S.F.T.A.

SOCIETE FRANCAISE DE TOXICOLOGIE ANALYTIQUE

Commission de toxicologie médico-légale
Responsable G. PEPIN

Proposition de la commission

LES PRELEVEMENTS D’AUTOPSIE
NECESSAIRES A LA BONNE EXECUTION
DES EXPERTISES TOXICOLOGIQUES

THE AUTOPSY SAMPLES NEEDED FOR A TOXICOLOGICAL EXPERT APPRAISEMENT

G. PEPIN 1 , M. DEVEAUX 2 , J.P. GOULLE 3 , P. KINTZ 4 , P. MARQUET 5

 

1 Gilbert PEPIN
LaboratoireTOXLAB
18 rue André del Sarte
75018 PARIS
2 Marc DEVEAUX
Institut de Médecine Légale
Place Théo Varlet 59000 LILLE
3 Jean Pierre GOULLE
Laboratoire de pharmacocinétique,
de toxicologie et de biochimie
Centre hospitalier
BP 24 76083 LE HAVRE cedex
4 Pascal KINTZ
Institut de Médecine Légale
11 rue Humann
67085 STRASBOURG cedex
5 Pierre MARQUET
Service de pharmacologie et de toxicologie
Centre hospitalier universitaire Dupuytren
2 avenue
Martin Luther King
87042 LIMOGES cedex

I - INTRODUCTION
II - LE PRELEVEMENT

IDENTIFICATION DU PRELEVEMENT
TEMPERATURE DE CONSERVATION
DUREE DE CONSERVATION
DESTRUCTION ET ELIMINATION

III - NECESSITE DE PRELEVER D’EMBLEE TOUS LES MILIEUX BIOLOGIQUES NECESSAIRES POUR LA RECHERCHE DES CAUSES TOXIQUES DE LA MORT.
IV - LES PRELEVEMENTS

A - LIQUIDES BIOLOGIQUES
I - sang et liquide hematique
II - l’urine
III - contenu gastrique
IV - le vitré
V - la bile

B - LES VISCERES
C - LES CHEVEUX, LES POILS, LES PHANERES
V - LES CONTENANTS
V - LES CONTENANTS
V - LES CONTENANTS V - LES CONTENANTS
Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.
VI - CONCLUSIONS
VI - CONCLUSIONS V - LES CONTENANTS V - LES CONTENANTS
Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.
VI - CONCLUSIONS
VI - CONCLUSIONS
VI - CONCLUSIONS
I - INTRODUCTION
II - LE PRELEVEMENT

IDENTIFICATION DU PRELEVEMENT
TEMPERATURE DE CONSERVATION
DUREE DE CONSERVATION
DESTRUCTION ET ELIMINATION

III - NECESSITE DE PRELEVER D’EMBLEE TOUS LES MILIEUX BIOLOGIQUES NECESSAIRES POUR LA RECHERCHE DES CAUSES TOXIQUES DE LA MORT.
IV - LES PRELEVEMENTS

A - LIQUIDES BIOLOGIQUES
I - sang et liquide hematique
II - l’urine
III - contenu gastrique
IV - le vitré
V - la bile

B - LES VISCERES
C - LES CHEVEUX, LES POILS, LES PHANERES
V - LES CONTENANTS
V - LES CONTENANTS
V - LES CONTENANTS

Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.
VI - CONCLUSIONS
VI - CONCLUSIONS VI - CONCLUSIONS V - LES CONTENANTS V - LES CONTENANTS
Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.
VI - CONCLUSIONS VI - CONCLUSIONS VI - CONCLUSIONS
VI - CONCLUSIONS
BIBLIOGRAPHIE

Résumé
L’histoire de la médecine légale des cinquante dernières années nous apprend que dans beaucoup d'affaires célèbres, des problèmes relatifs aux prélèvements, pour expertise toxicologique empêchaient de conclure clairement sur les causes de mort supposées toxiques.
Si au début du siècle les techniques utilisées peu spécifiques et peu sensibles nécessitaient plusieurs kilogrammes de prélèvements de viscères (7 kg), actuellement, les progrès technologiques importants permettent de ne prélever qu’une petite quantité de 14 types de fluides ou tissus différents conditionnés tous séparément dans des contenants adaptés pour un poids total d’environ 500 grammes et pour un coût modique (25 francs). Cet ensemble de prélèvements permet aux experts toxicologues analystes une grande probabilité d’aboutissement dans la recherche des causes toxiques de la mort qui représentent environ 1/4 à 1/5 des causes de décès des autopsies médico légales pratiquées en France.

Mots clefs : Autopsie, prélèvements, expertise toxicologique.

Abstract
Forensic science’s history of the past 50 years tells us how important are the autopsy samples for a toxicological expert appraisement. As a matter of fact, many famous cases of supposed toxic deaths have been hardly concluded because of problems related to autopsy samples. At the beginning of the century, detection methods were not very specific and sensitive. They requested several pounds of viscera samples (about 7 kg). Nowadays, because of the important technological progress, only a small amount of 14 different fluid or tissus are sampled and packaged separatly in a weighting about 500 g box for only 25 Francs. These samples allow the toxicological experts find with a great probability the toxic cause of death which is the conclusion to 1/4 to 1/5 of the autopsies in France.

Keywords : autopsy, samples, toxicological analysis.

I - INTRODUCTION

Dans nombre d’affaires criminelles des cinquantes dernières années, des problèmes de prélèvements à visée toxicologique sont apparus. Soit ils n’ont pas été réalisés, ou en quantité insuffisante, soit ils ont été mal prélevés, ou enfin mal conservés. Citons les plus connus [14] :

  • 1949 : affaire Marie BESNARD : dès le début (1940) des 21 années de procédures, se pose le problème des prélèvements. Dix bocaux ont été prélevés à l’autopsie alors que treize bocaux scellés apparaissent dans le premier rapport d’expertise toxicologique rendu. Il en résulte une bataille sans fin d’experts toxicologues [14].
  • 1979 : affaire BOULIN : prélèvements égarés, perdus ou volés. La contre-expertise n’a pas été possible.
  • 1984 : affaire GREGORY : seuls deux tubes de sang pour alcoolémie ont été prélevés, dont un tube contenant 2,8 ml de sang pour l’expertise toxicologique et centrifugé sans bouchon : quantité insuffisante et perte des substances volatiles. L’expertise toxicologique n’a pu être complète [14].
  • 1984 : affaire de Poitiers : petit prélèvement de 10 ml de sang dans un grand volume (bocal de 1 litre) non étanche : perte d’une partie des substances volatiles donc grande difficulté d’interprétation des résultats [14].

Ces faits déplorables, déjà anciens, et les batailles d’experts comme d’avocats, qui s’en sont suivies, ont donné une vision négative de la toxicologie médico-légale en France.

Le problème de la nature et de la quantité des prélèvements n’est pas nouveau et certains médecins légistes l’avait déjà posé. Citons LECOMTE et NICOLAS : " la toxicologie est un domaine rempli d’embûches et une source de contestations, le toxicologue est d’abord tributaire du médecin légiste qui réalise les prélèvements, temps essentiel et irréversible (...) " [15]. En 1990, DURIGON dresse la liste de prélèvements à effectuer [10] : sang, urine, bile, contenu gastrique, viscères, cerveau, poumon, cheveux, ongles et os.

Si BOITEAU pouvait déclarer en 1985 : " la toxicologie médico-légale représente un champ d’investigations immense, presque illimité. La tâche est longue, pleine d’embûches et d’incertitudes " [2]. A ce jour, l’évolution considérable des techniques analytiques, permet aux toxicologues analystes en médecine légale d’envisager leur tâche avec une grande probabilité d’aboutissement et avec beaucoup plus de sûreté. Tout ceci, évidemment, dans la mesure où les toxicologues pourront disposer des bons prélèvements, bien effectués, dans des contenants corrects, en quantité suffisante et bien conservés.

Parallèlement à cette évolution technologique, la construction européenne amène à des rapprochements scientifiques et médicaux en médecine légale. Ainsi des médecins légistes de plusieurs pays européens, au cours d’une réunion de consensus organisée par les professeurs Lecomte et Mangin [16], sur le thème de " l’autopsie en médecine légale à l’heure de l’Europe ", ont abordé le problème des prélèvements dont, bien sûr, ceux nécessaires à la toxicologie.

D’une façon plus générale, l’arrêté du 2 novembre 1994 [17], relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale, donc à la toxicologie, sans s’appliquer stricto sensu légalement à la toxicologie médico-légale, précise la notion d’échantillons biologiques en vue de l’analyse : le prélèvement des échantillons, leur identification, la nature des tubes et des récipients primaires et secondaires, ainsi que leur conservation. Ce dernier point est prépondérant en médecine légale du fait de la contre expertise toujours possible.

En 1994, la parution des nouveaux textes concernant le guide de bonne exécution des analyses (G.B.E.A) et les décrets parus en avril 1996 concernant l’accréditation des établissements de l’hospitalisation publique et privée [5], incluant jusqu’aux structures spécialisées comme les laboratoires de biologie, a amené la Société Française de Toxicologie Analytique (S.F.T.A : Président P. KINTZ) à créer, en plus de la commission contrôle qualité (responsable M. DEVEAUX), une commission d’accréditation des laboratoires effectuant des analyses toxicologiques (Responsable A. GRUSON).

C’est donc dans ce contexte d’avancée foudroyante des technologies analytiques [19, 22, 23, 24], de la nécessité d’établir des normes de qualité, tant pour la structure que pour l’analyse, de la nécessité d’aboutir à des résultats fiables, répétables et donc totalement crédibles afin d’éviter les errements du passé que la commission toxicologie médico-légale de la S.F.T.A. (Responsable G. PEPIN), composée de 15 membres, tous experts toxicologues d’origine diverses (universités, hôpitaux, laboratoires de police, gendarmerie ou laboratoires privés), a travaillé sur le problème des prélèvements, en liaison étroite avec tous les médecins légistes avec lesquels ils collaborent dans les structures de médecine légale (Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Lille, Limoges, Lyon, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg).

La contribution du toxicologue est essentielle dans la démarche de la recherche des causes toxiques de la mort puisque les statistiques, obtenues dans sept Instituts de Médecine Légale (IML) de France sur un échantillon de 1718 autopsies effectuées en 1996, montrent clairement que le pourcentage de morts d’origine toxique est d’environ un cinquième du total des autopsies, ce qui est considérable.

II - LE PRELEVEMENT

identification / conservation (température - durée) / destruction

IDENTIFICATION DU PRELEVEMENT

En plus des critères d’identification de tout prélèvement biologique, décrits dans l’arrêté du 2 novembre 1994 relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale, à savoir :

- nom patronymique
- prénom
- nom marital
- date de naissance
- sexe
- date et heure du prélèvement

Le prélèvement issu d’une autopsie en médecine légale doit comporter :

  1. Le nom du médecin légiste
  2. Le numéro d’IML ou le lieu où l’autopsie a été effectuée.

De plus, comme celui ci devra être conservé pendant des mois, voire des années parfois, au réfrigérateur ou au congélateur, l’encre et la colle devront être choisies pour résister à l’humidité des chambres froides.

Vu le nombre de prélèvements conseillés, par la commission médico légale de la Société Française de Toxicologie Analytique (10 à 14), l’idéal est de disposer d’une petite machine à confectionner des étiquettes autocollantes sur rouleau utilisant une encre indélébile.

TEMPERATURE DE CONSERVATION

A l’exception des cheveux qui doivent être conservés à température ambiante, et impérativement au sec, tous les autres prélèvements doivent être conservés au froid à 4°C ou congelés à -20°C, voire à -80°C si possible.

DUREE DE CONSERVATION

Dans le seul cas des flacons pour alcoolémie destinés à la contre-expertise, la durée de conservation est fixée par décret à neuf mois. Pour la toxicologie, aucun texte ne fixe la durée de conservation des prélèvements. Celle-ci est variable et devrait durer au moins jusqu’au classement de l’affaire ou à son jugement.
L’expérience montre que les mêmes prélèvements scellés, ouverts et rescellés par le premier expert, sont souvent utilisés par un deuxième expert pour une contre-expertise, sans tenir compte du deuxième flacon de sang prélevé, dès le départ, en vue de la contre expertise et conservé scellé le plus souvent à l’Institut Médico Légal où a eu lieu l’autopsie.

DESTRUCTION ET ELIMINATION

La destruction des prélèvements ne devrait se faire qu’après accord écrit des autorités judiciaires.
Les échantillons prélevés lors de l’autopsie sont potentiellement au moins aussi contaminants, voire plus, que les prélèvement biologiques effectués sur des patients vivants. Il y a donc lieu, au minimum, de respecter les règles relatives à l’élimination des déchets à risque infectieux (règles émanant des Ministères de la Santé et de l’Environnement). La destruction de ces échantillons doit donc être effectuée dans des conteneurs homologués, distribués par des sociétés spécialisées, qui en assurent le ramassage et l’incinération. Ce point est un maillon essentiel de la chaîne d’assurance de la qualité.

III - NECESSITE DE PRELEVER D’EMBLEE TOUS LES MILIEUX BIOLOGIQUES NECESSAIRES POUR LA RECHERCHE DES CAUSES TOXIQUES DE LA MORT.

L’expérience nous a appris que l’orientation donnée par les officiers de police judiciaires et / ou les médecins légistes, dans les recherches d’un toxique, peut être contredite par les analyses toxicologiques effectuées ultérieurement. Citons deux cas à titre d’exemple :

  • - une affaire où seuls des prélèvements d’urines étaient disponibles pour prouver une intoxication criminelle de 4 personnes par un pesticide qui était, en réalité, une intoxication accidentelle à l’oxyde de carbone (les prélèvements de sang n’ayant pas été réalisés, la preuve de cette intoxication n’a pu être apportée par le toxicologue).
  • - une intoxication par erreur thérapeutique médicamenteuse devenant un accident d’anesthésie : pas de prélèvement de sang effectué dans une seringue étanche. Le dosage quantitatif n’ayant pu être réalisé, aucune preuve formelle n’a pu être apportée par le toxicologue.

Si l’ensemble des milieux biologiques ne sont pas prélevés d’emblée, lors de l’autopsie, le risque est grand de ne pouvoir apporter la preuve analytique. La justice ne disposera donc que de suppositions accompagnées de multiples réserves donnant lieu, inexorablement, à des batailles judiciaires dans lesquelles la vérité ne sort pas toujours gagnante.

En effet, des prélèvements effectués a posteriori lors d’une exhumation, sont entachés d’une erreur due à la possible destruction des molécules organiques par les mécanismes bactériologiques, enzymatiques et chimiques de la décomposition. Ce type de prélèvement donne lieu, quoiqu’il arrive, à une difficulté majeure d’interprétation des concentrations mesurées dans les liquides putréfiés. La remontée aux concentrations initiales dans l’organisme tient plus de l’exercice d’équilibriste que du raisonnement scientifique. Que signifie l’identification d’une drogue dans un milieu biologique sans aspect quantitatif puisque le vieil adage : " c’est la dose qui fait le poison " est toujours vérifié ?

De plus, l’apparition des ptomaïnes, ou bases de putréfaction, provenant de la décarboxylation des acides aminés issus de la dégradation des protéines, sous l’influence des carboxylases bactériennes de la microflore cadavérique, peuvent induire des difficultés d’interprétation, particulièrement pour les toxicologues non avertis qui utiliseraient des analyses enzymatiques rapides. Citons parmi celles ci les plus connues : l’éthanolamine, la tyramine, la cadavérine, la b phényl-éthylamine, la putrescine, et bien sûr l’histamine, l’indole et la tryptamine [3, 26].

IV - LES PRELEVEMENTS

A - LIQUIDES BIOLOGIQUES

I - sang et liquide hematique
En médecine légale, le sang se réduit le plus souvent à l’état de liquide hématique. C’est incontestablement le milieu de base pour la recherche des causes toxiques de la mort malgré sa grande complexité : lipides, protéines, ions, métaux, débris cellulaires, etc.. qui rendent difficile l’extraction des xénobiotiques. Toutes les données de la littérature scientifique concernant les taux mortels concernent ce milieu. Il est également aisé de comparer ces résultats avec les taux thérapeutiques et toxiques publiés retrouvés en clinique.

1°/ Sang cardiaque

Le sang cardiaque présente l’avantage de pouvoir être aisément prélevé, en quantité importante, et apporte la quantité de matière nécessaire à la réalisation d’une recherche toxicologique générale. Par contre, par suite d’une lyse des cellules myocardiques, on observe une augmentation très importante, des concentrations des toxiques à tropisme intra cellulaire et, bien sûr, de ceux dont la fixation tissulaire cardiaque est majoritaire. Tel est le cas, de la digoxine, de la chloroquine, de l’imipramine, et d’une façon plus générale, de certains antidépresseurs, d’où de possibles erreurs d’interprétation : taux toxiques dans le sang cardiaque aboutissant à la conclusion d’accidents thérapeutiques, suicides ou intentions criminelles alors qu’il y avait banalement des taux thérapeutiques dans le sang périphérique. De ce fait, il faut éviter le prélèvement intracardiaque à l’aveugle parfois effectué lors des examens de corps.

2°/ Sang périphérique

Il est donc nécessaire et indispensable de prélever quelques millilitres (5 ml) de sang périphérique (intra-iliaque, fémoral ou orbital sous clavier) additionné de fluorure de sodium (1 à 2 %) afin d’éviter l’apparition d’alcool endogène par fermentation anaérobie. Ce flacon sera réservé à l’alcoolémie et au dosage des molécules à tropisme cardiaque ou a grand volume de distribution. Il devra être totalement rempli afin d’éviter les pertes d’éthanol au moment de l’ouverture du flacon.

3°/ Sang périphérique pour recherches de composés volatils

Ce type de composés, difficiles à identifier et à quantifier, mais assez couramment cause de décès (solvants industriels, cyanures, poppers, anesthésiant, fréon) exige des conditions rigoureuses de prélèvement afin d’éviter sa perte partielle ou totale lors du prélèvement. Seul un prélèvement par seringue étanche en verre ou plastique convient. Ce système permet une mesure précise du volume sanguin à transférer dans les fioles propres à chaque appareillage pour l’analyse de l’espace de tête des flacons " head-space " par chromatographie en phase gazeuse, permettant l’identification mais également la quantification nécessaire à l’interprétation.

II - l’urine
C’est le liquide biologique de choix, de par sa pureté (98 % d’eau) et sa simplicité, pour un dépistage rapide par immuno analyse pour quelques familles de toxiques.
En l’absence de données sur la clairance rénale, les concentrations trouvées sont de peu d’importance. Par contre, l’identification des substances mères et/ou de leurs métabolites peut apporter des éléments précieux en fonction des caractéristiques pharmaco / toxicocinétique de la molécule sur le moment de la prise du toxique par rapport à l’heure du décès. De plus, l’existence d’un toxique dans l’urine peut orienter sur le choix des conditions d’extraction dans le sang et permettre une bonne évaluation quantitative du xénobiotique identifié dans ce milieu complexe.

III - contenu gastrique
Ce milieu, présente l’avantage d’être souvent abondant. Il permet parfois de retrouver le produit recherché non métabolisé, voire même des comprimés plus ou moins délités. Dans ce cas, il est indispensable de les isoler rapidement, de les faire sécher et de les conserver dans un tube en verre bien fermé. En cas d’intoxication par des caustiques ménagers, il est évidemment le milieu de choix, voire le seul, pour le toxicologue. Parfois, la simple prise du pH est éloquente (pH très élevé lors de l’ingestion de soude caustique), ou le dosage des chlorures (eau de javel) ou des fluorures (Rubigine [10] : fluorure de sodium) ou d’heptane (Eau écarlate) [3]. De plus, il est possible de réaliser avec succès [12], la détection rapide de certaines familles de toxiques, après centrifugation et dilution, par immuno analyse (F.P.I.A.) avec détection en polarisation de fluorescence. La confirmation par une méthode spécifique est bien entendu obligatoire [12].

IV - le vitré
Prélevée au niveau de la chambre antérieure de l’œil, sans effraction vasculaire, ce prélèvement s’effectue à travers la cornée et le cristallin.
Le vitré ou l’humeur vitrée est constituée d’un gel transparent comportant des protéines fibrillaires, du collagène, de l’acide hyaluronique, des macrophages et des lymphocytes. Cette matrice est particulièrement intéressante dans les décès par traumatisme ou par innombrables plaies contondantes (coups de couteau) ou après incendie, cas pour lesquels le sang fait défaut. Malheureusement, les toxiques ne s’y trouvent que sous forme libre et les données sur le rapport des concentrations dans le vitré et dans le sang manquent. Ceci rend l’interprétation difficile. Ce milieu, bien protégé des contaminations bactériennes et fongiques, est intéressant pour différencier l’alcool endogène de l’alcool exogène d’autant plus que le rapport des concentrations avec le sang est voisin de 1 ( 0,90 à 1,38) [7,18].
Si le dosage du potassium, qui diffuse de la rétine vers le vitré, est utilisé pour la datation de la mort, il est nécessaire que le corps ait été préalablement conservé au froid et que l’heure du prélèvement soit exactement connue. Il faut surtout, qu’immédiatement après le prélèvement (les deux yeux étant prélevés séparément), le vitré soit centrifugé pour éliminer les cellules riches en potassium, ce qui fausserait toute interprétation. [6,8]. Ce paramètre ne peut faire partie que d’un faisceau d’arguments pour évaluer le délai post-mortem.

V - la bile
C’est un milieu biologique intéressant, bien que très difficile à utiliser, l’extraction des xénobiotiques étant complexe du fait de la présence des sels biliaires.
Prélevée à la seringue en quantité limitée ( 5 à 10 ml), conditionnée dans un flacon en verre, la bile est particulièrement intéressante en l’absence d’urine et compte tenu du cycle entéro-hépatique de nombreuses molécules et de leurs métabolites qui se trouvent à des concentrations très supérieures aux concentrations sanguines et persistent plus longtemps que dans le sang, (ceci est également valable pour toutes les molécules à très courte demi vie). Ce milieu est particulièrement intéressant lorsqu’il s’agit d’une overdose à l’héroïne et qu’il n’y a pas d’urine, car l’on peut souvent y mettre en évidence la 6 monoacétylmorphine (6-MAM) qui signe la prise d’héroïne [12].

Tableau I
Distribution de la morphine et de la codéine : bile, sang

résultats en mg/l

Substance

Nb cas

Bile
moy. (extrêmes)

Sang
moy. (extrêmes)

Morphine

Codéine

24-48

10-20

38 (3,3 - 112)

24 (0,22 - 89)

0,29 (0,10 - 0,89)

1,5 (0,06 - 6,4)

Distribution des benzodiazépines  : bile, sang
résultats en mg/l

Substance

Nb cas

Bile
moy. (extrêmes)

Sang
moy. (extrêmes)

Chlordiazépoxide

Diazépam

Flurazépam

2

4

3

4,0 (1,0 - 7,0)

2,8 (0,7 - 6,0)

43 (30 - 64)

2,5 (1,0 - 4,0)

0,9 (0,4 - 1,3)

8,9 (5,5 - 11)

NB : ces valeurs sont mesurées chez des sujets décédés.

 

B - LES VISCERES

1°/ Historiquement

a) En 1963, les règles de prélèvement étaient simples : de grandes quantités de viscères (plusieurs kilos) étaient prélevées dans de gros bocaux en mélangeant les organes [21] :

" Prélever la totalité des viscères et en faire deux lots identiques : l’un sera conservé par l’expert en cas de contre-expertise jusqu'à autorisation de détruire donnée par le magistrat instructeur. Les bocaux sont lavés à l’eau, égouttés et ne doivent contenir aucune substance conservatrice. Ils sont bouchés et scellés par le greffier du tribunal.

Chacun des deux lots comporte sept bocaux :
1er bocal : un poumon, la moitié du cœur
2ème bocal : un rein, la moitié du foie et de la rate
3ème bocal : la moitié de l’estomac et de son contenu, la moitié de l’intestin et de son contenu
4ème bocal : la moitié du cerveau, un tiers du fémur, la moitié du sternum, environ 200 g de muscle
5ème bocal : le sang du cœur ou d’un gros vaisseau (en préciser l’origine)
6ème bocal : le quart du cuir chevelu avec les cheveux en place
7ème bocal : l’urine si possible."

Les méthodes analytiques, peu sensibles et peu spécifiques de l’époque, obligeaient l’expert toxicologue, à réaliser une extraction à partir d’une quantité importante de viscères, pour obtenir une quantité de toxique décelable.

b) En 1988 M. DURIGON recommandait [9] :

" Dans tous les cas où des prélèvements pour examen toxicologique sont nécessaires, ceux-ci doivent intéresser, séparément, le sang, les urines, la bile. Des échantillons suffisamment volumineux (1/2 foies, reins entiers...), des différents viscères sont répartis dans des flacons différents. L’idéal est d’utiliser un récipient pour chaque organe...

Dans tous les cas, les récipients doivent être propres, lavés à l’eau, aucun additif ne doit être placé dans les bocaux qui sont conservés u froid jusqu'à analyse."

Le Professeur DURIGON recommandait de ne prélever qu’un fragment de chaque organe, mais ceux-ci ne pouvaient pas être mélangés.

c) Actuellement, les techniques d’analyses utilisées permettent de détecter le microgramme, le nanogramme ou même le picogramme de substances actives et permettent de travailler à partir d’une quantité d’organes de l’ordre de quelques dizaines de grammes (20 grammes de chaque organe conditionné séparément ont été retenues comme quantité suffisante).

2°/ Les viscères à prélever actuellement

Ces tissus sont utilisés soit pour rechercher des toxiques qui s’y fixent particulièrement soit lorsque le corps est dilacéré par des traumatismes multiples (accident sur voie ferrée ou sur autoroute avec contribution de plusieurs véhicules), ou transpercés en de multiples endroits et exsangues (très nombreux coups de couteaux), ou carbonisés (les liquides biologiques classiques peuvent alors avoir totalement disparus), soit pour disposer de données pharmacocinétiques nécessaires à l’interprétation du mécanisme de l’intoxication [4].

Le poumon : les toxiques volatils peuvent être introduits dans l’organisme par la voie respiratoire. De nombreux décès au trichloréthylène peuvent survenir par inhalation accidentelle ou volontaire. Ainsi, la comparaison des taux sanguins pulmonaires et gastrique, permet de conclure quant à un usage toxicomaniaque ou une ingestion involontaire. Pour certains composés, comme le cyanomalonitrile ou autres molécules utilisées pour la fabrication des bombes d’auto défense, le toxique irritant ne se retrouve que dans les bronches ou le larynx. Il ne traverse pas les membranes alvéolaires et ne peut donc pas passer dans la circulation sanguine. D’une façon générale, pour tous les produits volatils, le poumon est l’organe de choix, à condition que l’autopsie ait lieu peu de temps après l’inhalation et que le prélèvement soit mis dans un contenant parfaitement étanche. Ainsi, les poppers (nitrite d’amyle, de butyle ou de propyle), peuvent être détectés beaucoup plus facilement dans le poumon que dans le sang par chromatographie phase gazeuse avec détection par spectrométrie de masse de l’espace de tête..

Le cœur : les cellules du myocarde fixent sélectivement entre autres molécules, les digitaliques, les antipaludéens et certains antidépresseurs.

Le cerveau présente un intérêt particulier pour les substances lipophiles à tropisme cérébelleux comme les opioïdes. De plus, dans la boite crânienne, relativement étanche, on peut retrouver des composés volatils ayant disparu des autres organes lors du phénomène de liquéfaction putréfactive.

Les reins sont particulièrement indiqués dans la recherche des intoxications chroniques aux métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, thallium, sélénium) et cadmium qui nécessitent de travailler sur des organes fraîchement prélevés.

Le foie, siège principal du métabolisme de nombreux xénobiotiques, est intéressant en l’absence de sang et de bile de par le cycle entéro-hépatique. Des métabolites disparus du courant sanguin peuvent se retrouver dans le foie (par exemple, la 6-monoacétyl morphine, élément indispensable pour distinguer une prise d’héroïne d’une prise thérapeutique de morphine).


C - LES CHEVEUX, LES POILS, LES PHANERES

Les phanères présentent l’avantage d’une conservation exceptionnelle, ce qui permet, à posteriori, de disposer d’informations toxicologiques pour diagnostiquer une éventuelle intoxication ou exposition alors que toute autre matière biologique a disparu, à l’exception des os. De plus, les cheveux permettent de disposer d’une information toxicologique bien antérieure au décès.

Le dosage de métaux (arsenic, thallium, plomb, mercure) dans les cheveux de cadavre est ancienne (1857) et plusieurs affaires célèbres, basées sur la difficulté d’interprétation des résultats trouvés et la fiabilité des méthodes utilisées (affaire Marie BESNARD de 1949 à 1962) ont défié la chronique. Cependant, le délicat problème d’interprétation des éléments métalliques à l’état de traces ne se pose pas pour les molécules organiques xénobiotiques qui n’existent pas à l’état naturel dans les cheveux ni dans la terre des cimetières. L’analyse des xénobiotiques dans ce milieu est déjà ancienne. Dès 1979, les opiacés [1], puis la phencyclidine, les amphétamines, les barbituriques, etc.. étaient détectées et dosées dans les cheveux. En 1983, la chloroquine et ses métabolites étaient mis en évidence, en France, par Viala et collaborateurs [25]. Le nombre de toxiques que l’on peut doser dans les cheveux ne fait que croître ; P. Kintz a édité récemment un ouvrage de synthèse sur ce sujet [13]. Plus récemment encore, une technique d’extraction en phase solide couplée à la chromatographie phase liquide haute performance / barrette de diodes et la chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse, vient d’être publiée. Elle permet d’identifier et de doser un très grand nombre de médicaments [11, 20].

 

Tableau IV

EXEMPLE DE RECHERCHE DE MEDICAMENTS DANS LES CHEVEUX D’UNE PERSONNE DECEDEE.

Historiquement : conducteur et passager tués par collision entre deux véhicules. Une voiture remonte à très grande vitesse à contre circulation sur l’autoroute A6.

Expertise toxicologique (conducteur).

Résultats : Sang : alcoolémie : néant.
Drogue : néant
Médicaments : carbamazépine (traces).
Cheveux : 7 cm découpés en 6 segments:
Segments 1-5 : 02/96 à 06/96 Segment 6 : 07/07/96 à 14/07/96
  carbamazépine : 15,27 ng/mg (tégrétol)
cyamémazine : 3,01 (tercian)
métabolite 1 : 6,79
métabolite 2 : 2,12
halopéridol : 4,10 (haldol)
métabolite : 1,22
TCH : traces
nicotine, cotinine,caféine : présence
néant
néant
néant
néant
néant
néant
traces
présence

Conclusion : personne en suivi psychiatrique ayant arrêté brutalement son traitement, ce qui a entraîné son comportement délirant.

Pour mémoire, il faut mentionner que d’autres phanères peuvent être utilisés, comme les ongles ou les dents dans des cas encore plus extrêmes de décomposition.

V - LES CONTENANTS

Les matériaux des récipients doivent être aréactifs, de manière à éviter toutes contaminations ou adsorption des toxiques recherchés. Ainsi, il est bien connu, que le delta-9-tétrahydrocannabinol s’adsorbe sur certains verres, que le LSD se dégrade à la lumière, que le strontium, le sodium et le potassium sont relargués par certains verres de basse qualité, rendant difficile, voire impossible l’interprétation des résultats trouvés.

Nature des contenants

Incontestablement, l’idéal serait de pouvoir disposer de flacons de prélèvement en verre qualité type I pharmacopée, silanisés à large ouverture, bouchés par des capsules en téflon, auto-sertissables et, évidemment, totalement hermétiques.

Cette solution a donc été retenue pour les trois prélèvements sanguins nécessaires à la toxicologie générale (deux flacons de 30 ml de sang cardiaque et un flacon de 5 à 30 ml de sang périphérique). Le flacon, à large ouverture, permet un remplissage plus facile pour le médecin légiste et un prélèvement plus aisé pour l’analyste. De plus, ce flacon en verre épais résiste à la congélation (-20°C) et le bouchon à vis résiste parfaitement aux pressions de gaz de putréfaction. Ces gaz entraînent, avec les flacons de type alcoolémie préalablement utilisés, le soulèvement des bouchons en caoutchouc dont le sertissage en aluminium ne résistait pas à la pression, d’où une perte des composés volatils, des coulées de sang sur le flacon et une explosion lors de l’ouverture par le toxicologue.

Le dernier avantage des nouveaux flacons est l’auto-sertissage rendant impossible l’ouverture après remplissage sans briser une bande plastique, ce qui garantit une totale inviolabilité du prélèvement, tant pour l’expert toxicologue que pour le magistrat.

Cependant, le coût d’un tel contenant, pour des volumes variant de 5 à 50 ml, est suffisamment dissuasif pour que cette solution, idéale certes, n’ait pas été retenue pour les autres prélèvements. De plus, une étude de relargage effectuée avec différents types de plastiques, et l’expérience acquise sur plusieurs centaines d’expertises toxicologiques, ont permis de proposer, pour les prélèvements de contenu gastrique et les cinq prélèvements d’organes, l’utilisation de flacon de type poudrier de 50 ml avec bouchon à vis qui présentent, en plus, l’avantage de bien résister à la congélation et d’être d’un coût modique.

Le caoutchouc a été éliminé de tous les systèmes de fermeture car les molécules relarguées (composés azotés ou phosphorés) peuvent interférer lors des analyses pratiquées en chromatographie phase gazeuse avec des détecteurs très sensibles (NPD). Citons, parmi celles-ci les molécules déjà rencontrées et causes de difficultés analytiques lors des identifications et des dosages d’antidépresseurs, d’antiépileptiques, de méthadone, de théophylline, etc...[3] :
- le tri-butyl-éthyl-phosphate
- le tri-isopropyl-phényl-phosphate
- les aryl-phosphates
- la N-phényl-2-naphthylamine
- le cyanoéthyl-diméthyl-diothio-carbamate
Cependant, l’utilisation de la chromatographie en phase gazeuse avec détecteur de masse, permet d’éviter l’écueil dû à la présence de ces composés.

Le contenant du sang, pour l’analyse des gaz et des volatils en général, est une seringue comme celle utilisée dans les services de réanimation pour effectuer la mesure des gaz du sang. Elle est donc totalement étanche pendant et après le prélèvement. Il s’agit :
- soit d’une seringue en verre gradué avec un robinet sur l’embout où se fixe l’aiguille à prélèvement retirée après remplissage et fermeture du robinet.
- soit d’une seringue en plastique gradué fermée avec un embout après le prélèvement.
Il est important que le volume de sang, injecté dans le flacon fermé qui servira au dosage des gaz, soit parfaitement connu, ceci afin de pouvoir rendre un résultat quantifié du dosage du volatil (en millilitres ou centimètres cube de sang) permettant une interprétation des concentrations par le toxicologue et le médecin légiste.

Pour l’urine, le même type de flacon que pour le sang, 20 à 50 ml en verre, est préconisé et préféré à un flacon en plastique.

Les cheveux prélevés lors de l’autopsie ne doivent pas être souillés de sang et orientés en référant le côté racine avec une cordelette ou avec un papier adhésif. Il faut donc les prélever avant l’autopsie et surtout les faire sécher (primordial) avant de les conditionner soit dans une enveloppe, ou du papier d’aluminium, ou dans un poudrier en cristal dont le bouchon ne sera pas fermé hermétiquement.

Pour la bile, un flacon de verre, de 3 à 5 ml, avec bouchon à vis, est la aussi judicieux, pour éviter que les phénomènes putréfactifs ne fassent sauter les bouchons simplement enfoncés.

Le tableau III résume les propositions de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.

Tableau III : Proposition de la Commission Toxicologie Médico Légale de la S.F.T.A.

LES PRELEVEMENTS D’AUTOPSIE NECESSAIRES A LA BONNE EXECUTION DES EXPERTISES TOXICOLOGIQUES

Nombre

Milieu biologique

Code prélèvement

Contenant

Quantité ou volume

1

Sang

S

2 flacons de verre

30 ml sang cardiaque

2

 

S

1 flacon sur fluorure**

5 ml sang périphérique (fémoral)

3

 

O*

seringue plastique type gaz du sang

2 ml sang périphérique

4

Urine

S

flacon de verre

30 à 50 ml

5

Bile

O (si pas d’urines)

1 flacon en verre

20 à 30 ml

6

Humeur vitrée

S

tube verre monoject

total des yeux

7

Contenu gastrique

S

poudrier 50 ml

20 à 50 ml

8

Viscères : Foie

S

poudrier 50 ml

20 à 30 g

9

Rein

S

poudrier 50 ml

20 à 30 g ¾ du poudrier

10

Cerveau

S

poudrier 50 ml

20 à 30 g ¾ du poudrier

11

Poumons

S

poudrier 50 ml

20 à 30 g ¾ du poudrier

12

Cœur

S

poudrier 50 ml

20 à 30 g ¾ du poudrier

13

Cheveux

S

poudrier 50 ml

une touffe comme 2 doigts sèche

S : systématique
O : occasionnel
* : uniquement si suspicion d’intoxication par les produits volatils : gaz anesthésiants, tous les solvants, CO, CN, poopers....
** : rajouter du fluorure de sodium en poudre

VI - CONCLUSIONS

Dans la recherche des causes toxiques de la mort, qui concerne environ une autopsie sur cinq en moyenne nationale, le magistrat et le médecin légiste ne peuvent pleinement profiter des formidables avancées technologiques mises à disposition des toxicologues analystes experts que dans la mesure où la matière biologique sur laquelle ils travaillent, a été, au cours de l’autopsie, bien prélevée, en quantité suffisante, bien conservée et suffisamment diversifiée.

Les douze à quatorze flacons nécessaires tiennent une faible place (19 x 13 x 8 cm) dans une boîte facile à stocker, à transporter et à expédier, pour un coût total modique (25 francs environ). Certes, le médecin légiste passera quelques minutes de plus pour effectuer les différents prélèvements, mais il évitera ainsi tout problème ultérieur et permettra de conclure sur les causes toxiques même si l’agent en cause n’a rien à voir avec celui subodoré au départ. Il évitera les exhumations où la molécule mère a le plus souvent disparu, soit totalement, soit au profit de produits de dégradation difficiles à identifier et dont la concentration est difficile à interpréter.

Cette réflexion est le fruit des discussions de quinze toxicologues experts, représentant des laboratoires de toutes les obédiences (Instituts Médico Légaux, Hospitaliers, Universitaires, Policiers, Gendarmes et Privés) en liaison étroite avec leurs collègues médecins légistes des IML de nombreuses régions de France (Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Lille, Limoges, Lyon, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Strasbourg). Celle-ci devrait permettre d’améliorer encore les relations du couple indissociable médecin légiste - analyste toxicologue et aboutira ainsi à toujours mieux servir leur maîtresse commune, " la justice ".

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