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Le Congrès Annuel de la Société Française de Toxicologie Analytique (SFTA) s’est tenu en juin à Limoges, dans les locaux de l’Hôtel de Région. Organisée par le Service de Pharmacologie et Toxicologie avec le soutien des instances médicales et administratives du CHU, cette manifestation a rassemblé 160 participants venus de toute la France et pour quelques uns, d’autres pays européens (Belgique, Suisse, Luxembourg, Allemagne et Pologne). Le VIIIème Congrès s’est ouvert sous l’égide de Monsieur Fontarensky - Directeur Général du CHU, du Professeur Descottes - Président de la Commission Médicale du CHU, du Doyen Piva - Président de la Société de Médecine Légale et de Criminologie de France, et du Docteur Kintz - Président de la SFTA. Au cours des 3 jours de Congrès et dans le cadre du thème général retenu, c’est à dire de « La Collaboration Clinico-Biologique », 41 communications orales et 25 communications affichées se sont articulées autour de 4 sujets principaux : les toxicomanies, les expertises toxicologiques, la toxicologie d’urgence, les techniques analytiques de l’an 2000.
Les toxicomanies Après une conférence introductive du Dr Auriacombe (Médecin Psychiatre - Hôpital Charles Perrens de Bordeaux) qui a exposé le point de vue du psychiatre sur les traitements de substitution, différents aspects de l’apport de la toxicologie analytique à la prise en charge des toxicomanes ont été abordés. L’analyse toxicologique constitue en effet un outil précieux pour le clinicien tant pour le diagnostic des toxicomanies, que pour et l’abord des malades ou encore pour le suivi des traitements de substitution : . Toxicologues analystes et cliniciens sont confrontés aujourd’hui à de nouvelles substances telles que la 4-méthylthioamphétamine, ou de plantes ou substances connus depuis longtemps mais nouvellement utilisées comme drogues telles que la sauge divine, le protoxyde d’azote, la yohimbine, … nécessitant de disposer de méthodes d’analyses adaptées. . De nouveaux marqueurs (acétylcodéine, buprénorphine glucuronoconjuguée) et de nouvelles matrices biologiques (cheveux) ont été proposés comme outils aux cliniciens. Le problème de l’adultération des urines a également été abordé. . Plusieurs communications ont traité de l’évolution des dépendances, faisant apparaître, dans certains cas, que l’Internet constituait une source émergente de trafic. Les expertises toxicologiques Dans l’introduction de cette session, le Doyen Piva (Président de la Société de Médecine Légale et de Criminologie de France – Chef du Service des Urgences du CHU de Limoges) a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre les médecins légistes et les experts toxicologues. Au cours de cette session, il a été évoqué des cas insolites d’intoxication (harmaline) et des décès liés à des molécules médicamenteuses récemment mises sur le marché ou rarement impliquées dans des intoxications (tramadol, trimébutine). L’interprétation des résultats a fait l’objet de discussions très fructueuses. Les problèmes de la redistribution post-mortem des xénobiotiques et de l’instabilité de certaines substances dans les échantillons biologiques ont été clairement exposés. L’apport de l’analyse des cheveux a été encore une fois souligné, en particulier à l’occasion d’une expertise concernant des pratiques culturistes. Enfin, il a été fait état de l’intérêt du dosage de l’hémoglobine glyquée dans l’interprétation des cas médico-légaux concernant des diabétiques.
La toxicologie d’urgence Lors de l’ouverture de cette session, le Professeur Gastinne (Médecin Réanimateur - Chef du Service de Réanimation du CHU de Limoges) a développé l’intérêt d’une collaboration basée sur la communication entre cliniciens et biologistes. Au cours de cette session, riche en communications, des cas inhabituels d’intoxications aiguës ont été rapportés : intoxication accidentelle d’un enfant qui jouait avec une pierre de collection (Arsenic), intoxication volontaire par des fleurs de colchique, par des herbicides (bentazone) ou par des solvants (monochlorobenzène, trichloroéthylène). Le point sur des intoxications par certains médicaments (hydrate de chloral, antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, diltiazem, tropatépine, …) a été fait au plan épidémiologique, clinique et analytique. Enfin, quelques nouvelles méthodes analytiques pouvant apporter une aide conséquente dans un contexte de diagnostic d’urgence ont été présentées. En marge de cette session, une séance a été consacrée au dépistage des stupéfiants dans le cadre des accidents de la route, la SFTA étant l’une des parties prenantes de la mise en place de la nouvelle législation visant à compléter le dosage de l’alcoolémie. Ces communications ont permis de faire le point sur les textes en vigueur et les moyens engagés dans différents pays Européens ; elles ont également permis de préciser les procédures qui seront très bientôt mises en place en France.
Les techniques analytiques en l’an 2000 L’analyse élémentaire a constitué le cœur de cette session à travers les conférences introductives des Professeurs Mermet (Directeur de Recherche au CNRS - Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon) et Allain (Médecin Pharmacologue - Chef du Service de Pharmacologie et Toxicologie du CHU d’Angers). L’analyse des éléments dans les milieux biologiques fait aujourd’hui l’objet de développements importants, notamment grâce à l’apport de nouvelles technologies au premier rang desquelles l’analyse par spectrométrie d’émission atomique par plasma à couplage inductif avec détection par spectrométrie de masse (ICP/MS). D’autres techniques ont été présentées à travers leurs applications toxicologiques : l’électrophorèse capillaire (dosage de la venlafaxine, du diquat, du phénol), la résonance magnétique nucléaire (dosage du chloralose, de la créatine), la chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse (dosage des pesticides, des corticostéroïdes, de la buprénorphine, du LSD).
Au total, au cours de ces 3 jours de Congrès, les présentations ont permis d’effectuer un tour d’horizon relativement complet des différents aspects de la toxicologie analytique. Les résumés des différentes communications sont disponibles sur demande auprès du Service de Pharmacologie et Toxicologie.
J.-M. GAULIER E. LACASSIE G. LACHATRE P. MARQUET |