Compte rendu de la réunion annuelle – 33ᵉ congrès de la SFTA conjoint avec la BLT
Chamonix, une ville nichée au cœur des Alpes françaises, a accueilli le 33ᵉ congrès de la Société Française de Toxicologie Analytique (SFTA), organisé conjointement avec la Société de Toxicologie de Belgique et du Luxembourg (BLT), du 24 au 27 mars 2025, au centre de congrès Le Majestic.
L’événement a rassemblé 191 participants venant de France, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse, d’Angleterre, d’Espagne, de Suède, d’Italie, ainsi que de nombreux autres pays d’Europe et d’Afrique. Tous se sont réunis pour partager leurs travaux et échanger des idées au sein d’un programme scientifique et social particulièrement riche et convivial.
Programme scientifique
Le congrès a débuté par une session de formation juridique animée proposée et animée par la CNBAE sur le thème « L’expert et les scellés », qui a suscité un vif intérêt. Elle a été suivie par le symposium des Jeunes Scientifiques, comprenant une dizaine de présentations de chercheurs français et belges. La session a été enrichie par l’intervention de mentorat de Vincent Di Fazio (Belgique), qui a partagé son expérience en tant qu’expert judiciaire en toxicologie médico-légale et a mis en lumière des points clés d’attention pour les scientifiques en début de carrière.
Photo des jeunes scientifiques de la SFTA et de la BLT lors du symposium des jeunes scientifiques
Le programme scientifique s’est ouvert par une session dédiée à « l’intelligence artificielle en toxicologie médico-légale », un thème passionnant et en pleine évolution dans notre domaine, avec une conférence plénière assurée par le président de la TIAFT, Simon Elliott, et la présidente élue, Sarah Wille. Un état des lieux de la situation actuelle ainsi que le potentiel de l’IA, mais aussi ses défis, ont été abordés.
Sur trois journées complètes, 36 communications orales et 29 posters ont couvert un large éventail de thématiques telles que la toxicologie médico-légale et clinique, l’analyse capillaire, les matrices alternatives, l’intelligence artificielle et des sujets libres.
L’émergence continue de nouvelles substances psychoactives (NPS – nitazènes, cathinones, SCRAs, benzodiazépines, etc.) a une nouvelle fois été mise en évidence, soulignant l’urgence de préparer nos laboratoires à l’analyse de ces composés. Il est également apparu clairement que la spectrométrie de masse à haute résolution prend une place de plus en plus importante dans les workflows toxicologiques.
Ce congrès a mis en lumière la diversité des analyses toxicologiques. Penser « hors des sentiers battus » est essentiel, en particulier lorsqu’il s’agit de travailler avec un large éventail de techniques appliquées à plusieurs matrices (alternatives). L’analyse des cheveux demeure un sujet majeur, les questions de contamination et de seuils d’interprétation restant au cœur des débats.
Une session spécifique, intégrée au programme de Développement Professionnel Continu (DPC, référence 76392425006), était consacrée à l’identification et à la prise en charge des violences ou suspicions de violences envers les adultes, avec un accent particulier sur la soumission chimique. Cette session a rencontré un large succès et a été honorée par la présence d’une députée de l’Assemblée nationale française, Sandrine Josso.
Conférences plénières – 30 ans de l’analyse des cheveux
Le congrès a également pris une dimension internationale avec un symposium dédié à l’analyse capillaire, célébrant le 30ᵉ anniversaire de cette discipline. Intitulée « 30 ans de dépistage des drogues dans les cheveux : concilier science et réalités économiques ? », cette session a réuni des experts de renommée mondiale, parmi lesquels Carmen Jurado, Alberto Salomone, Robert Kronstrand, Maria del Mar Ramirez Fernandez, Francesco Busardò, Pascal Kintz et Amine Larabi. Ils ont dressé un bilan de trois décennies de progrès scientifiques et ont réfléchi aux avancées récentes, aux défis persistants et aux questions émergentes dans le domaine de l’analyse capillaire. Les discussions et questions stimulantes qui ont suivi ont mis en évidence à la fois les défis restant à relever et des perspectives prometteuses pour les travaux futurs. Afin de permettre une participation plus large, le symposium était également accessible en visioconférence en direct.
Tout au long de la semaine, plusieurs ateliers techniques ont été organisés par des partenaires industriels, présentant les dernières avancées en matière d’instrumentation analytique, d’automatisation et de gestion des données de laboratoire.
Le succès de cet événement a été rendu possible grâce au soutien de nombreux sponsors, que la SFTA et la BLT remercient chaleureusement une nouvelle fois : sponsors Gold – Thermo Scientific, Randox, Waters, Bruker, BYG4lab ; sponsors Silver – Shimadzu, Restek, ACQ Science, Chromsystems ; sponsors Bronze – Securetec, Biotage, Bertin Technologies, Eurobio Scientific et Sciex.
Événements sociaux et de réseautage
En tant que sociétés voisines entretenant une longue histoire de collaboration, la SFTA et la BLT avaient pour objectif de renforcer les liens existants et de favoriser de nouvelles collaborations pour l’avenir. Le congrès s’est ouvert par une réception de bienvenue le lundi soir, offrant une occasion idéale de renouer avec des collègues et de rencontrer de nouveaux participants. Plus tard dans la soirée, un événement de réseautage destiné aux jeunes scientifiques a permis aux jeunes membres de la SFTA et de la BLT d’échanger dans une atmosphère détendue autour de boissons et d’un blind test animé.
Le mercredi soir, un dîner savoyard a permis aux participants de découvrir la cuisine alpine locale dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Le dîner de gala et la cérémonie de clôture ont eu lieu le jeudi soir, au cours desquels plusieurs prix ont été remis, notamment des distinctions pour les meilleures communications orales et posters présentés par de jeunes scientifiques. La soirée s’est achevée dans une ambiance festive avec un DJ set assuré par le Professeur Pascal Kintz, qui a fait vibrer la piste de danse jusque tard dans la nuit.
L’équipe du conseil d’administration de la SFTA devant le restaurant « La Calèche »
Les membres de la BLT au pied des montagnes alpines
Conclusion
La conférence de Chamonix a su réunir avec succès l’excellence scientifique et une collaboration de longue date entre sociétés voisines. La SFTA et la BLT peuvent être fières d’une rencontre qui a non seulement renforcé les liens entre les communautés française et belgo-luxembourgeoise, mais a également accueilli une participation internationale élargie.
Chamonix 2025 restera dans les mémoires pour la grande qualité scientifique des échanges et l’esprit de collaboration, dans le cadre unique et enchanteur des Alpes !
Quatre présidents de sociétés de toxicologie réunis lors du congrès de Chamonix (de gauche à droite : Simon Elliott, président de la TIAFT ; Robert Kronstrand, président de la SoHT ; Amine Larabi, président de la SFTA ; et Sarah Wille, présidente de la BLT).




